Climat : le trou d’ozone perturbe l’océan Austral
Deux phénomènes majeurs
Cette étude souligne deux phénomènes majeurs au niveau de l’océan Austral :
- une réduction significative de l’absorption de CO2 qui n’est pas compensée dans les autres océans,
- ainsi qu’une accélération de l’acidification des eaux océaniques des hautes latitudes Sud.
Entre 1987 et 2004, ce sont environ 2,3 milliards de tonnes de carbone qui n’ont pas été épongés par les océans. Cela correspond à une diminution relative de près de 10 % du puits de carbone océanique global.
Les simulations révèlent ainsi comment des perturbations de la haute atmosphère (ici, le trou d’ozone) interagissent avec les gaz à effet de serre et le cycle du carbone océanique : elles conduisent à un renforcement des vents d’ouest sur l’océan Austral, provoquant un brassage des eaux océaniques de surface avec les eaux plus profondes, riches en CO2, limitant ainsi le pompage du carbone atmosphérique par les eaux de surface.
Vers des modélisations et des prévisions plus précises
C’est la première fois que l’impact du trou d’ozone sur le cycle du carbone océanique, est simulé dans un modèle global du climat. Ces résultats suggèrent que les modèles de climat utilisés jusqu’à présent surestiment le puits de carbone océanique et sous-estiment l’acidification des océans. Ils soulignent l’importance de prendre en compte l’ozone dans les futures modélisations, notamment du GIEC, ce qui permettra d’améliorer les prévisions climatiques à venir.
L’océan Austral est une région particulièrement sensible au réchauffement climatique. Mieux prévoir les conséquences de ces changements est fondamental, vis-à-vis du bilan de carbone planétaire (saturation des échanges air-mer) et des ressources marines (impact de l’acidification).
Source : Institut de recherche pour le développement (IRD)
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