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Séisme de Sumatra : une géologie complexe

Date : 02 octobre 2009
Source : CNRS

Des répliques sont signalées

Les répliques occupent la zone de la rupture en finissant de rompre les petites aspérités « oubliées » par le choc principal. Certaines d’entre elles peuvent être fortes et cela peut durer plusieurs semaines, Mais cela va normalement en décroissant selon une loi connue des sismologues.

Par contre, Christophe Vigny, chercheur au laboratoire de géologie de l’ENS, précise que d’autres séismes qui ont eu lieu et qui sont assimilés à des répliques dans les médias, n’en sont pas. En particulier le séisme du 1er octobre, de magnitude 6.6 qui s’est produit environ 200 km au Sud de Padang (à proximité de Sungai Penuh) est tout à fait différent. Celui-là est superficiel (15km de profondeur) et son mécanisme (préliminaire) indique un décrochement sur une faille sub-verticale. Ce séisme se produit non pas sur la subduction (la faille océanique) mais sur la grande faille de Sumatra (la faille continentale). Cette faille est également sismique : elle a produit de grands séismes historiques de magnitude largement supérieure à 7 (comme en 1926 et 1943 dans la région de Padang).

Il est tout à fait certain que les séismes qui se produisent sur la subduction, favorisent des séismes sur la grande faille par augmentation des contraintes sur celle-ci.
Les séismes significatifs sur la grande faille de Sumatra depuis 2004. Ces séismes sont superficiels (moins de 15 km de profondeur), se produisent dans la plaque continentale, et montrent un glissement dextre (le bloc « en face » glisse vers la droite).
Les calculs montrent en particulier une diminution de la contrainte perpendiculaire au plan de faille, ce qui devrait favoriser la migration de fluides dans le plan de faille, sa lubrification, et donc son glissement. Depuis 2004, 4 séismes de taille significative ce sont produits sur la faille (figure ci-dessus). Celui-ci est simplement le 5ème.

 

 

Deux grandes questions

- Est-ce que le séisme intra-slab du 30 septembre va modifier suffisamment les contraintes sur l’interface pour déclencher le séisme de subduction que les sismologues redoutent dans la région de Padang, non seulement depuis les événements consécutifs au séisme géant de 2004, mais en fait depuis 1833, date du dernier très grand séisme (de magnitude 9 au moins) qui s’est produit dans cette zone? En effet, aussi gros qu’il ait été, le séisme de Bengkulu de 2007 n’a relâché qu’une toute petite partie de la déformation accumulée.
Le petit segment de Padang pourrait donc rompre seul en produisant un séisme de magnitude 8, ou avec celui de Bengkulu en produisant un séisme beaucoup plus grand.
- Est-ce que toute cette activité va finir par déclencher un ou plusieurs grands séismes sur la grande faille de Sumatra?

Quantifier et comprendre

Les mesures géodésiques et sismologiques permettent de quantifier et comprendre certains aspects de ces séismes, et donc d’apporter des éléments de réponse. En particulier, les stations GPS permanentes installées dans la région vont permettre de savoir combien de déformation est relâchée par le séisme qui vient de se produire (tout ou partie de ce qui est disponible), si de la déformation est relâchée de manière lente et a-sismique, ce qui serait une bonne nouvelle, ou si au contraire, rien ne glisse tant qu’il n’y a pas de séisme. Dans le dernier cas, il faut évidemment se préparer à un séisme d’autant plus grand qu’il aura lieu plus tard.

Les réseaux sismologiques, en localisant les centaines de petites répliques permettent de dessiner le plan de rupture du séisme. Le tout alimente les calculs de transfert de contrainte d’une zone à l’autre avec des éléments géométriques précis (taille de la rupture, quantité de glissement, orientation, etc..)

L’équipe du Laboratoire de géologie de l’ENS effectue des mesures géodésiques (GPS) dans la région depuis 1992. "Nous étions en train de préparer notre campagne de mesure annuelle (prévue du 15 au 30 octobre) quand l’événement s’est produit. Nous allons remesurer le réseau de bornes géodésiques afin de quantifier précisément la déformation crustale générée par ce séisme, et effectuer la maintenance des stations permanentes dont certaines (en particulier celle de l’hôpital MDjamil) on sans doute souffert".

Source : Institut national des sciences de l’univers (Insu)/CNRS

Pour en savoir plus :
Les ressources web de Science.gouv en sciences de la Terre
Vidéo : peut-on prévoir les séismes ?

 


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