Bruit aéronautique : un « résident virtuel » pour évaluer la gêne
Bruit aéronautique : un « résident virtuel » pour évaluer la gêne
Qualifié de « fléau des temps modernes », le bruit est assurément une des principales préoccupations environnementales. Les travaux menés par les industriels depuis plusieurs décennies ont permis de réduire les émissions sonores en particulier des automobiles et des avions. Par ailleurs, en étudiant les différentes gammes de fréquences émises, les constructeurs automobiles sont parvenus à les répertorier en fonction du confort acoustique ou de la gêne occasionnés. Ces données contribuent désormais à la conception des éléments mécaniques d’une automobile ; sont ainsi apparues sur le marché de voitures qui émettent des sons plus « doux » et plus « suaves ». Réduire le bruit des avions tout en rendant ce bruit plus agréable, en particulier pour les riverains des aéroports... telle est la voie dans laquelle s’est engagée l’industrie aéronautique à travers le développement de nombreux projets nationaux et européens.
Des ingénieurs toulousains du département Commande des systèmes et dynamique du vol (DCSD), associés au département Prospective et synthèse (DPRS) - incluant notamment l’initiative Iroqua (Jean-Louis Gobert) - participent au projet européen Sefa (Sound Engineering For Aircraft), qui regroupe une vingtaine de laboratoires et d’industriels de huit pays. Pour ce projet arrivé à mi-parcours, diverses campagnes expérimentales ont été menées (test de laboratoire, enquêtes, analyses descriptives…) ; dans l’une des expériences, un échantillon de 300 sujets a été constitué, chacun d’eux devant évaluer en laboratoire les sons de différents avions, au décollage et à l’atterrissage. « De notre côté, nous travaillons à la définition d’un système permettant d’agréger les évaluations de ces différents sujets et à l’identification des combinaisons de facteurs psycho-acoustiques ayant des répercussions positives ou négatives sur le ressenti du son par le sujet », explique Laurent Chaudron, ingénieur de recherche spécialiste des facteurs humains. Une fois les résultats obtenus, ces ingénieurs souhaitent les utiliser pour créer ce qui est désigné dans le projet européen par « Résident Virtuel », « c’est-à-dire une sorte de fonction de transfert permettant d’évaluer l’appréciation moyenne que pourraient engendrer de nouveaux sons d’avions », résume-t-il. D’où l’importance de ces travaux puisque leurs résultats visent à entraîner l’émergence de nouvelles générations d’avions plus silencieux et mieux adaptés aux souhaits des riverains des aéroports. Cet article a été conçu par l’ONERA
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