Science.gouv.fr

zoom_plus
Vous êtes ici
Accueil > Actualités

Biofilms et maladies nosocomiales : enfin une parade ?

Date : 04 septembre 2006
Source : Institut Pasteur

Biofilms et maladies nosocomiales : enfin une parade ?


Cliquer sur ce lien pour accéder à la version sonore de cet article

Lorsque des populations de bactéries adhèrent entre elles et poussent sur un support solide, elles forment ce qu’on appelle un biofilm. Dans ces structures, les bactéries acquièrent de nouvelles propriétés comme celles de résister fortement aux antibiotiques et aux attaques du système immunitaire. Lorsque le support du biofilm est une prothèse ou un cathéter, il peut constituer un réservoir de bactéries pathogènes à l’origine d’infections nosocomiales. De nombreuses recherches ont été entreprises pour identifier des stratégies permettant d’empêcher leur formation.

C’est en étudiant la biologie de formes uropathogènes de la bactérie Escherichia coli que les chercheurs du groupe Génétique des biofilms de l’Institut Pasteur, dirigé par Jean-Marc Ghigo, ont peut être trouvé une solution au problème de la formation de biofilms indésirables. Les Escherichia coli uropathogènes ont la capacité de traverser, sans s’y fixer, l’ensemble de l’appareil digestif humain. Elles envahissent ensuite l’appareil urogénital où elles peuvent provoquer des infections urinaires telles que des cystites. En testant la capacité des E. coli uropathogènes à former des biofilms avec d’autres bactéries, les chercheurs ont trouvé qu’elles sécrètent un sucre complexe (polysaccharide), qui inhibe la formation de ces biofilms. Cette propriété pourrait jouer un rôle essentiel dans les capacités de colonisation de ces bactéries.

Les chercheurs ont également montré que l’application d’une solution contenant ce polysaccharide sur des matériaux aussi différents que le verre, le PVC ou le polycarbonate suffisait à leur conférer de puissantes propriétés antiadhésives vis-à-vis de très nombreuses bactéries pathogènes, comme le staphylocoque doré. Ceci pourrait avoir des retombées multiples, tant en santé publique que dans le domaine industriel. Une application de ce produit sur des biomatériaux composant par exemple des prothèses, lentilles de contact ou filtres de dialyse, pourrait y empêcher la formation de biofilms et limiter ainsi la prolifération de bactéries pathogènes. Dans l’industrie, on peut également envisager de limiter de cette manière les colonisations bactériennes indésirables.

© CNRS Photothèque  /  MEDARD LaurenceSources :

«Broad-spectrum biofilm inhibition by a secreted bacterial polysaccharide» Proc Natl Acad Sci U S Août 2006.
Jaione Valle (1), Sandra Da Re (1), Nelly Henry (2), Thierry Fontaine (3), Damien Balestrino (4),
Patricia Latour-Lambert (1) et Jean-Marc Ghigo (1)

1. Laboratoire de Biochimie et Biophysique des Macromolécules, Institut Pasteur
2. Unité Plasticité du Génome Bactérien, Institut Pasteur-CNRS
3. Unité des Aspergillus, Institut Pasteur,
4. Laboratoire de Bactériologie, Faculté de Pharmacie, Université d’Auvergne, Clermont-Ferrand


Contacts presse :

- Service de presse de l’ Institut Pasteur : Nadine Peyrolo ou Bruno Baron
Tél : 01 44 38 91 30 - Courriel : bbaron@pasteur.fr

- Service de presse du CNRS : Muriel Ilous
Tél : 01 44 96 43 09 – Courriel : muriel.ilous@cnrs-dir.fr

Crédits photos:
Photothèque CNRS
© CNRS Photothèque / MEDARD Laurence
en vignette: © CNRS Photothèque Jérôme CHATIN

institut pasteur
Voir le site
 
 
 
  Retour en haut de page