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Découverte d’un enfant australopithèque

Date : 22 septembre 2006
Source : CNRS

Mise au jour du premier squelette quasi-complet d’un enfant australopithèque


Une série de missions dirigées par l’éthiopien Zeresenay Alemseged (Max Planck Institut de Leipzig) et associant des chercheurs américains, français (unité Dynamique de l’évolution humaine : individus, populations, espèces, CNRS) et éthiopiens, a permis de mettre au jour un squelette quasi-complet de jeune Australopithecus afarensis. Il s’agit de la seule découverte de cette ampleur concernant un jeune Hominidé antérieur aux Néandertaliens, qui sont bien plus récents (moins de 100.000 ans). Les ossements ont été trouvés sur le site de Dikika 1, dans la basse vallée de l’Awash, en Ethiopie, sur la rive opposée au site où avaient été mis au jour Lucy et de nombreux autres restes de A. afarensis. Le crâne et la cage thoracique ont été découverts en 2000, suivis par de nombreux autres éléments du même squelette (omoplate, membre postérieur, phalanges…).

CNRS
Le niveau stratigraphique de la localité a pu être daté assez précisément de 3,32 millions d’années. Les sédiments sont des grès déposés dans des deltas de petites rivières, dont une crue a sans doute permis le transport et l’ensevelissement rapide du squelette, évitant à ce dernier d’être dévoré par les charognards. La faune associée (équidé à 3 doigts Hipparion, girafes, antilopes, rhinocéros blanc, rongeurs, crocodiles, etc.) atteste un environnement de savane arborée. Le squelette est, d’après la taille de la canine, celui d’une jeune femelle d’environ 3 ans, avec sa dentition de lait, mais une partie de la dentition définitive est déjà visible au scanner.Le squelette n’est pas encore complètement dégagé de la gangue de sédiment, mais certains os sont préparés, autorisant déjà plusieurs observations : bien que le sujet ait sans aucun doute été bipède, comme les autres Australopithèques, la morphologie de certains os est étonnamment plus proche de celle des grands singes africains que de l’homme. C’est par exemple le cas de l’hyoïde, petit os de la gorge très rarement retrouvé chez les fossiles. En outre, les phalanges des mains sont bien courbées comme chez les grands singes et, sur l’omoplate, la fosse supérieure est grande et la cavité articulaire pour l’humérus orientée un peu vers le haut, comme chez le gorille. Ceci suggère que le membre supérieur n’était pas complètement libéré de son usage locomoteur, ce qui n’est pas sans soulever des questions concernant la possible persistance du grimper, au moins occasionnel, dans cette espèce. Il faudra attendre encore quelques années avant la description détaillée du squelette, qui devrait largement améliorer nos connaissances sur la croissance des australopithèques.

National Museum of Ethiopia, Addis AbabaRéférences :
- A juvenile early hominin skeleton from Dikika, Ethiopia. Alemseged et al. Nature. 21 septembre 2006.
- Geological and palaeontological context of a Pliocene juvenile hominid at Dikika, Ethiopia. Wynn et al. Nature. 21 septembre 2006.

Contacts :
Presse
Isabelle Bauthian
T 01 44 96 46 06
isabelle.bauthian@cnrs-dir.fr

Chercheur
Denis Geraads
dgeraads@ivry.cnrs.fr

Crédits photos:
photothèque CNRS
National Museum of Ethiopia, Addis Ababa
CNRS
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