Le criquet pèlerin menace la Mauritanie
Le criquet pèlerin menace la Mauritanie
Face à cette menace d’infestation, le centre antiacridien de Mauritanie (Cnla) a lancé des opérations de prospection et de traitement et contrôle la situation. On s’attend cependant à ce que davantage de criquets apparaissent et se reproduisent d’ici fin octobre dans le nord-ouest du pays suite au dessèchement de la végétation dans les aires de reproduction estivale du sud. L’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Oaa) a envoyé des fonds pour aider les équipes mauritaniennes et mettre à disposition un hélicoptère pour prospecter de plus vastes zones dès le début des éclosions. Des essais de terrain avec un biopesticide seront organisés, sous l’égide de l’Oaa, contre les très probables pullulations larvaires.

Une équipe de l’Unité propre de recherche (Upr) Ecologie et maîtrise des populations d’acridiens du Cirad prospecte actuellement les zones de pullulation. En collaboration avec le Cnla, des expérimentations sont prévues pour tester de nouveaux produits et méthodes de lutte. Les chercheurs du Cirad poursuivent leurs travaux en appui au programme Empres ( Emergency Prevention System for Transboundary Animal and Plant Pests and Diseases ) de l’Oaa. Ce programme a été conçu dès 1994 pour aider les pays africains dans leurs efforts de prévention et de lutte et pour favoriser une collaboration régionale sur le problème. Une attention particulière est apportée à la durabilité du dispositif de lutte préventive et à la mise en place de plans de gestion du risque.
Les dernières invasions
Les répercussions économiques, sociales et environnementales liées au criquet pélerin sont considérables sur le plan international. La dernière invasion date des années 2003-2005. Pour faire face à la situation et stopper l’infestation, les pays affectés d’Afrique et du Proche-Orient ainsi que la communauté internationale ont investi 300 millions de dollars et une surface de 13 millions d’hectares a été traitée. L’invasion des années 1987-1989 a entraîné une dépense de 700 millions de dollars dans 23 pays. 26 millions d’hectares au sol ont été traités et 32.000 tonnes d’insecticide épandues.Biopesticide
La lutte chimique demeure encore le principal moyen de lutte contre le criquet pèlerin. On assiste cependant au développement récent d’une méthode alternative basée sur l’utilisation d’un champignon entomopathogène, le Metarhizium anisopliae var. acridum. Une formulation de ce champignon est commercialisée sous le nom de Green Muscle ®. Les recherches actuellement menées devraient confirmer les premiers résultats prometteurs du produit. Reste à trouver sa juste place dans la stratégie globale de lutte préventive contre le criquet pèlerin.
Contact scientifique : Michel Lecoq, michel.lecoq@cirad.frContact presse : Florence Vigier, florence.vigier@cirad.fr
En savoir plus :
Le site de l’Unité propre de recherche (Upr) Ecologie et maîtrise des populations d’acridiens du Cirad http://www.cirad.fr/ur/index.php/acridologie
Le site web des savoirs Cirad sur les criquets ravageurs.
http://locust.cirad.fr
Le site de l’Observatoire acridien de l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao)
http://www.fao.org/ag/locusts/fr/info/info/index.html
Le site sur le Green Muscle ®
http://www.lubilosa.org/indexFR.htm
Credits photos:
CIRAD
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