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Pluies: en mai fais ce qu’il te plait?

Date : 06 juin 2008
Source : BRGM

Etat des nappes d’eau souterraine en mai 2008


Les précipitations du mois d’avril, dans la continuité de celles du mois de mars, ont été supérieures à la normale sur la majeure partie du territoire métropolitain (en particulier dans l’ouest du Massif central, l’est du territoire et dans le sud des Alpes où les cumuls pluviométriques ont atteint le double de la normale). En revanche, les précipitations ont été nettement déficitaires sur une frange sud (Pyrénées, Languedoc-Roussillon et Corse) et sur l’extrême nord où les précipitations ont pu être localement inférieures à 20% de la normale.

Toutefois, le cumul des précipitations, depuis le début de l’automne, reste sensiblement inférieur à la normale sur la quasi-totalité du territoire métropolitain. Le déficit est particulièrement marqué dans le Roussillon, le littoral languedocien et en Auvergne. Les signes de remontée des nappes, initiés en janvier, se sont généralisés en avril malgré le développement de la végétation Ces remontées sont particulièrement nettes dans les formations karstiques très réactives (calcaires jurassiques) de la moitié nord du territoire.

La recharge des nappes, plutôt tardive par rapport à la normale, s’est heureusement prolongée dans la plupart des régions jusqu’en ce début de printemps grâce à des précipitations largement excédentaires. En conséquence, si la contribution des pluies à la recharge des nappes depuis le début de l’automne reste globalement insuffisante pour près de la moitié des nappes (essentiellement dans un large quart sud-est et au coeur du bassin de Paris), elle a été particulièrement efficace dans le nord et le nord-est du territoire.

Cependant, le déficit reste particulièrement marqué en vallée du Rhône même si des amorces de recharges ont été constatées, surtout en Roussillon.

Certaines nappes, fortement capacitives à évolution pluri-annuelle, qui poursuivent une baisse amorcée il y a 5 ans (la nappe de Beauce, la nappe de Champigny, la nappe de la plaine de Valence) ont, enfin, bénéficié d’une légère remontée néanmoins bien trop faible pour marquer un changement de tendance.

En résumé, la situation globale s’est sensiblement améliorée à une période où la recharge est habituellement terminée avec la prééminence de la végétation dans le cycle de l’eau.
Sauf à voir s’amplifier ces conditions d’excessive humidité dans les semaines à venir comme cela avait été le cas à l’été 2007, il est peu probable que les nappes puissent encore bénéficier de quelque recharge. D’ailleurs, beaucoup d’entre-elles amorçaient déjà leur décrue début mai.

La situation est globalement plus satisfaisante qu’en mai 2007, sauf dans le Roussillon qui affiche une situation particulièrement dégradée ainsi que pour certaines nappes capacitives de la vallée du Rhône .
On note de nouveau des situations très supérieures à la normale, même si elles sont très
ponctuelles pour :

-des nappes liées aux formations karstiques du Jurassique, très réactives (comme
en Champagne-Ardenne ou dans le sud de la région Centre)
-quelques nappes alluviales alpines qui ont bénéficié d’apports exceptionnels
-la nappe de la Crau qui bénéficie du redémarrage de l’irrigation gravitaire depuis
début avril.

On note encore des niveaux très inférieurs à la normale pour beaucoup de nappes même
si, pour la plupart d’entre-elles, une faible recharge a pu être observée. Il en est ainsi
pour :

• la nappe du calcaire de Champigny qui a confirmé sa remontée mais se situe toujours à des niveaux très inférieurs à la moyenne pour un mois de mai
• les nappes des alluvions quaternaires et du Pliocène du Roussillon qui affichent début mai des niveaux qui se rapprochent des minima historiques marquant ainsi une dégradation depuis le début de l’automne
• de nombreuses nappes en vallée du Rhône qui sont encore à des niveaux proches de la fréquence décennale sèche malgré les légers signes de recharge vite estompés de ce mois (la nappe des alluvions anciennes de la plaine de Valence, la nappe du bas-Dauphiné en certains secteurs, la nappe de l’Est-Lyonnais sur le couloir d’Heyrieux…)
• la nappe du calcaire de Beauce qui, en baisse continue depuis le printemps 2003, poursuit une légère recharge amorcée en février, revenant ainsi au-dessus du niveau de son second seuil d’alerte.
brgm pluie mai 2008
BRGMCrédits photos:
BRGM
 
 
 
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