Biodiversité : il y a comme un lézard…

Il répond au doux nom de « Lepidodactylus buleli ». Cette nouvelle espèce de gecko vient d’être découverte par un herpétologue (spécialiste des reptiles et des amphibiens) français : Ivan Ineich. Cette découverte est exceptionnelle à double titre. Si c’est la première nouvelle espèce de vertébré terrestre décrite suite à l’expédition SANTO 2006, c’est aussi le premier lézard décrit à partir d’un spécimen rapporté sous la forme d’un œuf (éclos en captivité). De quoi ouvrir de nouvelles perspectives pour l’inventaire de la biodiversité...
Une coloration jaune citron
Cet animal se rapproche d’une autre espèce des îles de l’Amirauté (Papouasie Nouvelle-Guinée) par plusieurs caractères de son écaillure, notamment le nombre élevé de rangs d’écailles autour du corps. Elle est cependant différente des autres espèces par la combinaison des caractères suivants : nombre élevé d’écailles autour du milieu du corps, faible dilatation des doigts et orteils, faible palmure entre les orteils III et IV, présence d’éperons cloacaux, un dessin dorsal original à la base de la queue et une coloration jaune citron des labiales.

Un habitat à préserver
Cette espèce arboricole vit dans ou à proximité de plantes myrmécophiles (qui abritent des colonies de fourmis) suspendues en hauteur (quelquefois jusqu’à 20 mètres) dans les arbres de la forêt primaire sur la côte occidentale sèche de Santo. Elle utilise ces plantes pour y déposer ses oeufs. L’espèce ne doit pas être trop rare dans la nature car de nombreux oeufs ont été observés dans certains sites collectifs de ponte (plusieurs femelles viennent pondre au même endroit). Pour le moment, les oeufs de ce gecko n’ont été trouvés que dans des plantes myrmécophiles. Ce gecko ne semble pas menacé si ce n’est par la destruction de son habitat, les forêts, qui touche pratiquement l’ensemble de la planète y compris le Vanuatu.
Des oeuf adhésifs
La femelle pond deux oeufs adhésifs allongés (oeufs mous qui « collent » à la surface sur laquelle ils sont déposés) d’une largeur moyenne de 7,5 mm et d’une hauteur moyenne de 10 mm. Le corps de l’animal adulte mesure environ 4 cm et autant pour la queue, soit une longueur totale de 8 cm pour un poids d’environ 1,5 gramme. La durée de vie de cette espèce n’est pas connue. Toutefois d’autres individus d’une espèce distincte du même genre sont maintenus en captivité depuis maintenant plus d’une dizaine d’années.
Biodiversité : des strates encore méconnues
Cette découverte illustre une fois de plus le fait que certaines strates de la biodiversité, comme par exemple la canopée, sont totalement méconnues ou, dans tous les cas, difficilement accessibles aux biologistes. L’originalité et l’ambition de l’expédition SANTO 2006 étaient notamment d’étudier la faune des forêts du sol à la canopée grâce à des techniques de collectes innovantes (arboglisseur…). La collecte de plantes myrmécophiles durant la mission a été possible grâce au soutien de grimpeurs professionnels capables de décrocher les plantes épiphytes en hauteur dans les arbres et ainsi les rendre accessibles aux biologistes.
Lepidodactylus buleli est une nouvelle espèce de gecko originaire de l’île d’Espiritu Santo (souvent appelée Santo, Vanuatu, Pacifique Ouest). On doit cette découverte à l’Expédition scientifique internationale SANTO 2006 co-organisée par le Muséum, Pronatura international et l’IRD.
Crédit photo : Ineich/MNHN
Pour en savoir plus : le site du Museum National d’Histoire Naturelle









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