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Des scientifiques traquent la "peste" du XXIe siècle

Date : 24 novembre 2008

Rat noir / Crédit : alexK100@creativecommons

Des bactéries capables de provoquer des troubles cardiaques seraient véhiculées par la puce du rat ce qui laisse redouter une recrudescence des infections. Les résultats qui viennent d’être publiés par le Journal de Microbiologie Médicale (Grande-Bretagne) suggèrent en effet que des rats bruns, les plus grands mais aussi les plus répandus en Europe, porteraient ces bactéries.

Depuis le début des années 1990, plus de 20 espèces de Bartonella ont été découvertes. Ces bactéries sont considérées comme des agents pathogènes zoonotiques. En effet,  leur capacité à « s’installer » chez les humains peut provoquer de sérieuses maladies allant des troubles cardiaques aux infections de la rate et du système nerveux.

La découverte d’une espèce nommée Bartonella rochalimae dans la rate d’un humain a alerté des scientifiques de l’Université de Taiwan.  Redoutant la présence d’un nouvel agent pathogène zoonotique, ils ont décidé d’effectuer des  examens pour savoir si les rongeurs évoluant à proximité des humains pouvaient « héberger » ces bactéries.

Les puces soupçonnées

Les scientifiques ont constaté que les rongeurs véhiculent différentes espèces pathogènes de Bartonella. Parmi celles-ci, Bartonella elizabethae provoque des endocardites infectieuses et Bartonella grahamii a déjà causé des inflammations du nerf optique. Bien que le parcours de transmission reste à préciser, les puces sont certainement leur vecteur principal.

Enquête

Le rat brun, le rat le plus commun en Europe, est justement porteur de ces bactéries et une analyse ADN a été effectuée. Les scientifiques ont alors découvert de nombreux points communs avec Bartonella rochalimae, isolée récemment dans un cas d’infection aux Etats-Unis.

Ces chercheurs ont prélevé des échantillons sur 58 rongeurs, soit 53 rats bruns, 2 souris (Mus musculus) et 3 rats noirs (Rattus rattus). 6 rongeurs porteurs de bactéries Bartonella ont été identifiés ; 5 d’entre ceux-ci étaient des rats bruns. Quatre des rongeurs portaient Bartonella elizabethae et l’un des rats noirs était porteur de Bartonella tribocorum. Mais les scientifiques ont aussi remarqué un élément inédit chez les rongeurs. Et celui s’avère très proche de Bartonella rochalimae.

Une étude à poursuivre

Pour les scientifiques,  il est encore trop tôt pour affirmer avec certitude que le rat noir est bien le vecteur de cette bactérie même si l’on sait que les rats transmettent plusieurs bactéries Bartonella. Une étude de plus grande ampleur doit être effectuée pour savoir s’il existe d’autres réservoirs pathogènes, sources de cette infection.


Sources :

The New Scientist (en anglais)
La Société Générale de Microbiologie (UK)

 
 
 
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