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Pollution atmosphérique : des risques de décès incontestables

Date : 04 février 2009

Pollution atmosphérique au dessus de l’agglomération parisienne Crédit : Austinevan@creativecommons Dès 1997, l’Institut de veille sanitaire (InVs) a lancé dans neuf agglomérations (Bordeaux, Le Havre, Lille, Lyon, Marseille, Paris, Rouen, Strasbourg et Toulouse) un programme de surveillance air et santé (Psas). Une mise à jour sur la période 2000-2004 était nécessaire. Les résultats viennent d’être publiés : le risque de décès est significativement associé à l’ensemble des indicateurs de pollution. Principaux responsables : le dioxyde d’azote (NO2) et les particules fines (PM10).

 

Une loi salutaire

En France, la loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie de 1996 a reconnu l’existence d’effets sanitaires de la pollution atmosphérique et rend obligatoire leur surveillance.
Une étude publiée en 2002 a montré l’existence d’une association entre la mortalité et les indicateurs de pollution mesurés en France à la fin des années 1990 : dioxyde d’azote (NO2), dioxyde de soufre (SO2), ozone (O3), fumées noires. D’autres résultats concernant les hospitalisations montraient un lien avec la pollution, même s’ils étaient entourés d’un certain nombre d’incertitudes dues, en particulier, aux limites des indicateurs utilisés issus du programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI).

Une actualisation des études était nécessaire (et possible)

L’évolution des niveaux et de la composition chimique de la pollution atmosphérique urbaine, ainsi que la généralisation de la mesure d’indicateurs de pollution particulaire (PM10) a justifié une actualisation, pour la période 2000-2004, des résultats précédemment obtenus sur les relations à court terme entre :
- pollution atmosphérique,
- mortalité,
- admissions hospitalières.
De plus, l’amélioration et la généralisation du PMSI ont permis une nouvelle analyse des liens hospitalisation-pollution.

Méthode

L’analyse basée sur des séries temporelles a consisté à relier les variations à court terme d’indicateurs de l’état de santé (mortalité et hospitalisations) à celles des indicateurs d’exposition à la pollution atmosphérique (NO2, O3 et PM10). Les risques relatifs ont été estimés pour chacune des villes puis une analyse combinée de ces résultats a été réalisée.

Des résultats fiables

Le risque de décès toutes causes ou pour causes cardiovasculaire et cardiaque est significativement associé à l’ensemble des indicateurs de pollution étudiés. Les hospitalisations pour causes cardiovasculaires sont aussi significativement associées aux niveaux de NO2 et de PM10 mais pas à l’ozone.
Ces deux études confirment l’existence de liens significatifs entre les niveaux de pollution atmosphérique couramment observés et les indicateurs de santé. Elles ont aussi permis d’obtenir des estimateurs utilisables pour la réalisation d’évaluation de l’impact sanitaire de la pollution atmosphérique urbaine en France.

Sources :Institut national de veille sanitaire (InVs) / Le bulletin épidémiologique hebdomadaire
A consulter : l’étude complète (PDF)

Pour en savoir plus : 

Les particules fines : un facteur de risque

Aux Etats-Unis, une étude très récente publiée dans le New England Journal of Medecine (en anglais) prouve qu’une réduction de la concentration de l’air en particules fines de 10 microgrammes par mètre cube est associée à un accroissement de l’espérance de vie de 0,6 année en moyenne.

Pollution atmosphérique et cancer

En octobre 2008, l’Institut national de la santé et de la recherche médical (Inserm) et l’Agence française de sécurité sanitaire et environnementale (Afsset) publiaient une expertise collective :

"Certains travaux ont estimé qu’environ 1 300 et 1 900 décès par cancer du poumon pourraient être évités chaque année dans 23 villes européennes si les niveaux moyens de particules fines d’un diamètre inférieur à 2,5 micromètres (PM2,5), étaient ramenés respectivement à 20 et à 15 μg/m3. Par ailleurs, à partir des concentrations de relevées chez des individus vivant dans quatre agglomérations françaises (Paris, Grenoble, Rouen et Strasbourg), des auteurs évaluent à 10 % les cancers du poumon attribuables à l’exposition aux PM2,5."

 


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