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Biodiversité : l’Europe au secours des "requins"

Date : 06 février 2009

Nuage de requins Crédits : B.Laplace@creativecommonsLes chondrichtyens qui regroupent les requins, raies et chimères, appelés couramment « requins », font l’objet d’une exploitation de plus en plus intensive depuis le milieu des années 1980, en raison d’une demande accrue de produits à base de requin (plus particulièrement les ailerons, mais aussi la viande, la peau, le cartilage, etc.), surtout dans les marchés asiatiques.

La flotte de pêche de l’Union européenne participe à cette pression pour plusieurs raisons:

- plusieurs espèces des requins et raies vivent à proximité des côtes et sont donc directement concernées par les activités de pêches côtières, actuellement caractérisées par une augmentation de l’effort de pêche, une faible sélectivité et une flotte en surcapacité ;
- dans un contexte global d’épuisement des stocks commerciaux, les requins constituent une ressource en chair consommée dans de nombreux pays, dont ceux de l’Union européenne ;
- les requins des grands fonds sont les premières captures accessoires de la pêche en eaux profondes qui s’est développée depuis une quinzaine d’années.

Surpeche : des populations difficiles à restaurer

Or, les populations de requins sont généralement fragiles car leur cycle de vie est caractérisé par une faible fécondité, des juvéniles de grande taille, une croissance lente et une maturité tardive. Ils ont donc une faible aptitude à restaurer rapidement leur population en cas de surpêche. Conclusion : ces espèces très anciennes qui jouent un rôle indispensable au maintien de l’équilibre des écosystèmes marins sont parfois menacées par la surpêche et la pêche illégale.

C’est ainsi, par exemple, que plusieurs espèces pêchées par la flotte de l’UE, en Atlantique ou en Méditerranée, sont inscrits sur la liste rouge de l’International Union for Conservation of Nature (IUCN) comme "en danger critique d’extinction" (aiguillat, requin-taupe commun, plusieurs espèces d’ange de mer et de raies), "en danger" (requin pèlerin) ou "vulnérable" (requin-taupe bleu, requin peau bleue, requin-marteau).

Plan d’action : trois objectifs

Le Plan d’action de la Commission européenne pour la conservation et la gestion des requins a trois objectifs :

- élargir les connaissances relatives aux pêches de requins ainsi qu’aux espèces de requins et à leur rôle dans l’écosystème ;
- faire en sorte que les pêches ciblées sur les requins s’inscrivent dans une optique durable, et que les captures accessoires de requins résultant d’autres pêches soient correctement réglementées ;
- encourager la mise sur pied d’une approche cohérente entre les politiques internes et externes de la CE en matière de requins.

Ce plan européen est basé sur le Plan d’action international pour la conservation et la gestion des requins (PAI-REQUINS) adopté par la FAO en 1999.

Source : la commission européenne

Pour en savoir plus :


Bernard Seret, Chercheur à l’IRD, Muséum national d’Histoire naturelle Crédits : www.canal.ird.fr Un film de Canal IRD

"Approche écosystémique des pêches : les requins"

Réalisation : Luc Markiw
Prise de vue : Luc Markiw (entretien ), Pierre Chavance (séquence Pêche thoniere)
Montage, voix off, habillage sonore : Luc Markiw 
Date : Octobre 2008 
Durée 5’05

 


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