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Archéologie : les trésors de Reims

Date : 13 février 2009

Atlas interactif des fouilles de Reims Crédit : InrapLes archéologues de l’Inrap réalisent actuellement deux grandes fouilles dans le coeur historique de Reims. Effectuées sur prescription de l’État, elles contribuent de façon décisive à la connaissance du passé de Reims, qui fut à l’époque gallo-romaine l’une des plus grandes villes de l’Empire romain, s’étendant sur plus de 600 hectares.

 

 

Sous le futur tramway : le coeur ancien de Reims

La création du tramway, qui traversera Reims du nord au sud sur plus de 11 km, a été l’occasion pour les équipes de l’Inrap d’entreprendre des recherches sur plus de 2 hectares du coeur ancien de la ville. Les 16 mois de fouille ont permis d’exhumer des niveaux gaulois mais surtout l’urbanisme antique, paléochrétien et médiéval de Reims.
Une trentaine d’archéologues sont intervenus sur plusieurs secteurs du tracé pour dégager des vestiges, souvent très bien conservés, à des profondeurs allant de 50 cm à 5 m.

La voie nord-sud ( cardo maximus ), fondatrice de Durocortorum, la ville antique, et les édifices limitrophes ont été fouillés place de la République. Ces recherches ont également révélé un bâtiment, probablement l’oratoire paléochrétien mentionné par les textes anciens, et un cimetière médiéval. Au-dessus d’une installation urbaine du début du Ier siècle de notre ère, l’amphithéâtre gallo-romain a été reconnu place Saint-Thomas.
Par ailleurs, sont apparues les fondations d’un arc monumental, place Myron-Herrick. Il s’agit de la « Porte de Soissons », dénommée « Porte de Vénus » par les anciens historiens. Cette porte marque le passage du decumanus , la voie est-ouest de la ville gallo-romaine. Sous cet arc a été dégagé un égout voûté des IIe - IIIe siècles de notre ère et aux dimensions impressionnantes (2,90 m de haut).

De l’argenterie à la cave

Une partie du dépôt d’argenterie Crédits : Denis Gliksman/Inrap

Face à l’actuelle gare, la fouille du tramway a permis le dégagement d’une cave antique qui livré une découverte d’exception : un ensemble d’argenterie gallo-romaine, déposé dans une fosse, toujours enveloppé dans ses tissus.

Composé de vaisselle de bronze revêtue d’une tôle d’argent, il comprend deux plats ronds dont un à décor perlé, deux plats ovales à marli horizontal et décor gravé, une coupe à collerette, un plat rond contenant une coupelle retournée et quatre cuillers d’argent et de bronze. Dans la cave, les vestiges de deux oenochoés en bronze, des gobelets en terre cuite et de nombreux objets métalliques ont également été retrouvés.

Des tissus remarquablement conservés

L’ensemble a été produit dans le centre ou le centre est de la Gaule et appartient aux IIe-IIIe siècles de notre ère. L’élément le plus remarquable de cette découverte est l’état de conservation des tissus qui enveloppaient l’ensemble. Des restes de tissus sont fréquemment découverts sous forme de trames oxydées sur des objets métalliques, mais aujourd’hui ce sont plusieurs dizaines de cm² de tissu dans leur état et leur souplesse initiale nous parviennent grâce à des conditions de conservation exceptionnelles. En outre, le premier plat conserve encore des lambeaux de fourrure ou de peau.
S’il ne s’agit pas de vaisselle d’argent massif, la découverte d’une série aussi homogène est rare. Ce n’est pas un trésor dissimulé par quelque propriétaire inquiet, mais un service de qualité soigneusement rangé et destiné à présenter les mets selon les nouvelles manières de table en vogue aux IIe-IIIe siècles.

Le Vieux port : une zone artisanale et des entrepôts en bordure de la Vesle

A la limite ouest de la ville gallo-romaine, une dizaine d’archéologues dégagent sur 3800 m2 les vestiges implantés au bord de l’ancien lit de la Vesle. Ils ont mis au jour divers édifices (entrepôts, ateliers…), un quai gallo-romain en bordure de rivière et des viviers de la fin du Moyen âge. Ce milieu humide est particulièrement favorable à la conservation des vestiges organiques (cuir, bois, graines, pollens…).

Fondations gallo-romaines

Afin de renforcer les fondations, les gallo-romains se sont affranchis des contraintes liées à l’humidité en enfonçant des pieux jusqu’au substrat géologique. Ceux-ci ont été ensuite recouverts d’un radier sur lequel reposent les murs. Dans cette fouille, la place du bois est omniprésente. Quatre puits de forme carrée et dont le cuvelage est composé de planches assemblées soit à mi-bois soit à queues d’arondes, étaient probablement liés à une activité artisanale.

Plusieurs fosses de stockage ou de décantation d’argile à poterie témoignent de la production de céramique à proximité. D’autres activités artisanales semblent avoir été intenses dans cette partie de la ville. La production de tissus est attestée par quatre ateliers dans lesquels étaient installés des métiers. Une série de fours ou d’étuves laisse quant à elle présumer des activités liées à la fabrication d’objets en fer ou au séchage des céréales. L’importante quantité de chaussures de cuir découverte dans le lit de la rivière au débouché des caniveaux d’une rue antique ne trouve pour l’instant aucune explication (rejet de fabrication, activité de cordonnerie…).

Source : Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap)

Pour en savoir plus :

- L’Inrap propose sur son site Internet un atlas interactif sur 25 ans d’archéologie à Reims et dans ses environ : Villes et territoires : Des Rèmes aux Rémois.


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