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Energie : bientôt le plein d’épluchures ?

Date : 20 février 2009

Epluchures de fruits et legumes Crédits : samitaipale@creativecommonsLes parties non comestibles des fruits et légumes que nous avons coutume de jeter à la poubelle pourraient, dans une dizaine d’années, remplacer les combustibles fossiles et contribuer à sauver notre planète. Ainsi, l’Université de Nottingham montre l’exemple en développant des carburants durables produits à partir de matières premières issues de cultures non alimentaires, des déchets industriels et agricoles ou encore des produits et parties non comestibles des récoltes.

 

Deux projets moteurs

Des experts en microbiologie et science du brassage de l’Université de Nottingham mèneront deux des six projets de recherche d’une durée de cinq ans chacun, portant l’un sur la production d’éthanol et l’autre sur celle du butanol à partir de matière végétale non comestible.

Des levures pour l’éthanol

Katherine Smart, professeur à la faculté de biosciences (School of Biosciences) et experte mondiale en fermentation, dirigera une équipe de chercheurs dans l’espoir de développer des levures capables de briser les parois des cellules végétales, permettant alors de rompre les parties inutilisables et non-comestibles des plantes telles que la peau et les tiges, pour produire de l’éthanol.
Selon elle : "Le gouvernement est déterminé à remplacer les carburants actuels. On peut déjà acheter de l’essence mélangée à environ 5% d’éthanol, mais dans la mesure où cet éthanol est importé, il est important que la Grande-Bretagne renforce sa sécurité énergétique."

Des bactéries pour le butanol

Le second projet concerne la production de butanol. Les bactéries permettant d’obtenir le butanol appartiennent à la famille des bactéries Clostridium. Nigel Minton, professeur de microbiologie moléculaire appliquée, et expert dans la modification génétique des bactéries Clostridium, va développer un processus pour la production à grande échelle de butanol grâce au développement de microbes capables de convertir les déchets végétaux en butanol.

Butanol : de nombreuses qualités

Le butanol a bien des avantages sur l’éthanol. Il a un contenu énergétique plus élevé, est plus facile à transporter, peut être mélangé avec de l’essence à des concentrations beaucoup plus élevées et pourrait être utilisé comme carburant d’aviation. Le professeur Minton, déclare : "Nous sommes focalisés sur le Saint-Graal de la recherche sur les biocarburants : développer des bactéries capables de convertir la paroi cellulaire végétale non alimentaire en essence supérieure de remplacement, le butanol. Si vous m’aviez demandé il y a quelques années si cela était possible je vous aurais dit non. Cependant, mon équipe vient de mettre au point les meilleures technologies au monde qui nous permettront de générer les souches de Clostridium nécessaires."

Les recherches seront menées en collaboration de l’Université de Newcastle et du TMO Renewables Ltd. Des chercheurs de toutes disciplines (chimistes, ingénieurs, microbiologistes, mathématiciens et spécialistes de la fermentation) seront impliqués dans ces deux programmes de recherche.

L’Université de Nottingham est à la tête de deux des six projets de recherche financés par le Sustainable Bioenergy Centre (Centre pour la bioénergie durable) du BBSRC (Biotechnology and Biological Sciences Research Council : conseil de recherche en biotechnologie et sciences biologiques).

Source : l’Agence pour le développement de l’information technologique

Pour en savoir plus:

Les ressources de Science.gouv consacrées aux énergies


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