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Cancer du poumon et inégalités : le tabac n’explique pas tout

Date : 26 février 2009
Source : INSERM

Fumeur Crédits : ikhlasulamal@creativecommonsL’incidence du cancer du poumon est généralement plus fréquente au sein des classes sociales défavorisées. Une consommation plus élevée de tabac permet-elle d’expliquer entièrement ces inégalités ? D’après une étude européenne dirigée par une chercheuse de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, le tabac n’explique qu’un peu plus de la moitié de ces inégalités sociales. Par ailleurs, le rôle de l’alimentation semble négligeable.

Ces travaux, publiés dans l’édition avancée en ligne du 24 février du Journal of the National cancer Institute, suggèrent de rechercher activement d’autres facteurs de risque, notamment environnementaux, au sein des populations les plus touchées par le cancer du poumon.

Cancer et niveau d’éducation : une association forte

Le cancer du poumon, avec une incidence de 71,8 cas pour 100 000 chez les hommes et de 21,7 cas pour 100 000 chez les femmes représente la 1ère cause de mortalité en Europe chez les hommes et la 3e chez les femmes.  
Il existe une association forte entre le risque de survenue d’un cancer du poumon et le niveau d’éducation en Europe, avec les taux les plus forts généralement observés au sein des classes sociales défavorisées, sauf dans le Sud de l’Europe. Bien que la consommation de tabac ait souvent été avancée en tant que cause de ces inégalités sociales, peu d’études ont été menées, et notamment à grande échelle, pour déterminer précisément dans quelles proportions ce facteur intervenait.

Consommation de tabac : un facteur unique ?

Gwenn Menvielle, en collaboration avec une équipe de chercheurs européens s’est donc attachée à mieux comprendre ce qui sous-tendait ces différences sociales, à partir des données de la vaste cohorte européenne EPIC (European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition).
Les analyses menées par zone géographique ont montré que les taux de cancers du poumon sont relativement uniformes en Europe chez les hommes mais deux fois plus élevés chez les femmes d’Europe du Nord que chez les femmes d’Europe du Sud.  Les chercheurs ont constaté que le risque de cancer du poumon diminue globalement en Europe, pour les deux sexes, au fur et à mesure que le niveau d’éducation augmente, sauf en Europe du Sud (Italie, Espagne, Grèce) où les taux de survenue du cancer du poumon sont les plus élevés parmi les femmes les plus favorisées socialement. Globalement, le risque de développer un cancer du poumon est 3,6 fois supérieur chez les hommes et 2,4 fois chez les femmes des classes sociales défavorisées par rapport aux classes sociales les plus favorisées.


Après avoir pris en compte la consommation de tabac dans chaque classe sociale, l’excès de risque des classes sociales défavorisées reste significatif (2,3 pour les hommes et 1,6 pour les femmes). Les chercheurs concluent que les différents niveaux de consommation de tabac permettent d’expliquer un peu plus de la moitié des différences sociales de survenue du cancer du poumon.
En effet, d’autres facteurs jouent certainement un rôle, comme le suggère le sur-risque de cancer du poumon observé chez les non-fumeurs parmi les populations défavorisées.

Suspects : les toxiques environnementaux

"La consommation de tabac n’explique qu’une partie des inégalités sociales observées pour le cancer du poumon, il est donc nécessaire de déterminer quels sont les autres facteurs de risque, notamment l’exposition professionnelle à des toxiques environnementaux. » précise Gwenn Menvielle, «l’arrêt du tabac permettrait toutefois d’éviter un nombre considérable de ces cancers du poumon, à la fois dans l’ensemble de la population et parmi certains groupes sociaux. Il est donc indispensable de renforcer toutes les actions de santé publique allant dans ce sens, particulièrement au sein des classes sociales les moins aisées".


(1) Classification des cancers en fonction du type de cellule dont la tumeur est issue

Gwenn Menvielle (Unité Inserm 687/Villejuif), en collaboration avec une équipe européenne de chercheurs, s’est intéressée à cette question dans le cadre de travaux de recherche menés à l’Institut National de Santé Publique et de l’Environnement (RIVM) à Bilthoven et à l’Erasmus MC à Rotterdam (Pays-Bas). Cette équipe s’est fondée sur les données issues de la vaste cohorte EPIC (European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition).

Source : Institut national de la santé et de la recherche médicale  (Inserm)

Pour en savoir plus : lire le communiqué de presse

 
 
 
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