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Archéologie : les guerres de Vendée refont surface

Date : 06 avril 2009
Source : INRAP

Vue de la moitié de la fosse 1 Crédits : Alain Szczuczynsky/Inrap

Au Mans (Sarthe), une macabre découverte attendait l’équipe de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). Dans le parc du Quinconce des Jacobins, deux fosses renfermant des victimes de la tuerie des 12 et 13 décembre 1793 ont été mises au jour. Les corps trouvés dans ce charnier portent les stigmates d’un véritable acharnement à l’arme blanche. L’analyse des vêtements permettra d’identifier le camp de ces victimes.

Deux fosses creusées dans l’urgence

La première fosse contient neuf ou dix individus, parfois tête bêche ; le dernier cadavre, sur le ventre, a été jeté sur les autres. Certains sujets possèdent encore boutons de chemise et de culottes, boucle de bottes ou de guêtres, canif, chapelet...
De forme rectangulaire, la seconde fosse a été condamnée par une épaisse couche de chaux vive. Elle contient une vingtaine de corps, mais seuls neuf ont été fouillés. Leur disposition anarchique évoque un charnier creusé dans l’urgence, sans réel geste funéraire ni considération pour les défunts.

De nombreuses femmes

Hormis un enfant et deux adolescents, les sujets inhumés sont tous des adultes. De nombreuses femmes sont présentes. Plusieurs corps portent les stigmates osseux d’un véritable acharnement : fractures de fémurs et de radius, incisions nettes du pariétal (os formant les côtés de la voute du crâne), mandibule tranchée, maxillaire coupé, omoplate percée... Un seul impact d’arme à feu a été décelé ; l’usage d’armes blanches induit des combats rapprochés et des traumatismes multiples.

Un peu d’histoire

Le 10 décembre 1793, l’armée catholique et royale s’empare du Mans. Les troupes républicaines reprennent la ville les 12 et 13 décembre. 20 à 30 000 soldats républicains affrontent 30 à 60.000 Vendéens dont seulement 10 à 20.000 combattants. Le gros de l’armée vendéenne fuit la ville en direction de Laval à marche forcée. À la suite des combats, la répression envers les prisonniers et les fuyards, malades, blessés, vieillards, femmes et enfants va se dérouler au Mans et aux alentours de la ville.

Des vendéens affaiblis

Cette grande armée vendéenne se compose notamment d’Angevins, appuyés par quelques milliers de Chouans manceaux et bretons. Sans combattre, elle est déjà sujette à une forte mortalité liée à une épidémie de dysenterie accompagnée de fièvre putride : « la maladie brigantine ». 2 à 5 000 Vendéens vont perdre la vie dans cette bataille, une centaine parmi les forces républicaines.

La virée de Galerne

La bataille du Mans est un épisode important de « la virée de Galerne ». La galerne désigne le vent du Nord-Ouest et caractérise ici, et pour les vendéens, les pays au Nord de la Loire. La virée de Galerne débute le 18 octobre 1793, au lendemain de la défaite de Cholet. Elle s’achève par l’anéantissement de l’armée catholique et royale dirigée par Henri de la Rochejacquelin, généralissime de 21 ans, à Savenay, le 23 décembre 1793, par les troupes de Kléber.

Une découverte majeure

En 2005, l’Inrap avait exhumé le camp napoléonien d’Étaples établi par la Grande Armée en vue de la conquête de l’Angleterre (1803-1805). Aujourd’hui un important épisode de la Révolution est éclairé par cette découverte archéologique majeure.
Les corps retrouvés dans les charniers du Mans appartiennent probablement à l’armée catholique et royale, mais on ne peut exclure la présence de combattants républicains. L’analyse des éléments de vêtements permettra peut-être d’en identifier l’origine.

Sources : Institut national de recherches archéologiques préventives

Pour en savoir plus : les ressources archéologiques de Science.gouv.fr

 

 

 

 
 
 
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