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Biochimie : du venin pour de nouveaux médicaments

Date : 07 mai 2009

Araignée Loup (Lycosa sp.) Crédits : Javig@creativecommons

En Russie, des chercheurs de l’Institut de chimie bio-organique (ICB) ont étudié les venins d’araignées, scorpions, fourmis et autres serpents. Ils y ont découvert de très nombreux peptides (molécules composées d’acides aminés) à partir desquels pourraient être élaborés des médicaments antidouleur extrêmement efficaces, ainsi que des préparations antimicrobiennes.



Découverte : 136 nouvelles toxines et 1500 nouveaux peptides

Une cinquantaine de variétés d’animaux a été étudiée. Ces investigations ont permis de découvrir plus de 150 toxines différentes (dont 136 ont été caractérisées pour la première fois). Plus de 1.500 nouveaux peptides ont été identifiés. "Non seulement les composants polypeptides du venin possèdent des propriétés toxiques, mais ils interagissent également avec la membrane cellulaire", a souligné Evguéni Grichine, directeur adjoint de l’ICB. Ces composants dirigent ainsi de manière sélective l’activité fonctionnelle des récepteurs de la membrane ou des canaux ioniques, exerçant par conséquent un effet thérapeutique.

Objectif : réguler l’activité des récepteurs et des canaux ioniques

Selon l’état actuel de nos connaissances, ce sont les récepteurs des membranes et les canaux ioniques qui déterminent le fonctionnement d’une cellule vivante. Ils jouent un rôle-clé dans la transmission des signaux intercellulaires et peuvent être la cause de diverses pathologies. C’est la raison pour laquelle la régulation des propriétés des récepteurs cellulaires et des canaux ioniques constitue l’un des objectifs de la biologie moderne.

Vers des antidouleurs de nouvelle génération

Le directeur adjoint de l’ICB a noté, par ailleurs, que jusqu’à 40% de la population adulte des pays développés souffrait de douleurs chroniques. Or, les préparations antidouleur traditionnelles (telles que les opiacées, l’aspirine, les anticonvulsifs) sont inefficaces dans certains cas, par exemple en présence de diverses neuropathies. C’est pourquoi il est extrêmement important que l’on puisse fabriquer des médicaments antidouleur fondamentalement nouveaux, qui agissent sur les mécanismes moléculaires générant la douleur (avec un minimum d’effets secondaires). Ces médicaments pourraient reposer sur les peptides, qui agissent sur les récepteurs et les canaux ioniques de la membrane cellulaire, lesquels participent aux processus de transmission de la douleur. Les chercheurs de l’IBC sont parvenus à isoler de tels peptides à partir d’une anémone de mer et du venin d’une araignée-loup (Lycosa sp).

Sources : Agence pour la diffusion de l’information technologique


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