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Grippe : vers un nouveau traitement ?

Date : 25 juin 2009
Source : INRA

Virus de la grippe A (Grossissement X 117000) Fausses couleurs Crédits : Hannoun, C /Institut Pasteur.

Des chercheurs français viennent de montrer qu’une protéine membranaire peut jouer un rôle protecteur lors d’une infection par un virus H1N1. L’activation de ce récepteur, maillon important du système immunitaire, induit chez la souris une production accrue de cytokines ("messager" chimique du système immunitaire). Elles neutralisent le virus en bloquant sa réplication. Des études complémentaires sont toutefois nécessaires pour vérifier l’efficacité de ce rôle protecteur contre les multiples souches du virus de la grippe.

Les protéines : des acteurs clés

Lorsque le virus de la grippe entre en contact avec notre système respiratoire, il déclenche une «cascade» de réactions rapides mettant en jeu un grand nombre de protéines. Les chercheurs se sont intéressés au rôle de l’une d’entre-elles, le récepteur membranaire PAR2 (Protease-activated receptor 2), présent en grandes quantités sur la membrane des cellules de la trachée.

Jusqu’alors, on savait que PAR2 participait de façon importante à la réponse immunitaire de l’organisme. En revanche son rôle lors d’une infection de type viral était pressenti mais non encore démontré chez l’animal. C’est maintenant chose faite.

Une expérimentation contrôlée sur des souris

Pour étudier en détail la contribution de PAR2 au processus infectieux, les chercheurs ont d’abord infecté des souris avec une souche de référence de type H1N1 utilisée habituellement comme modèle de laboratoire*.
Ils leur ont ensuite administré par voie nasale un activateur de PAR2, c’est-à-dire un petit peptide - une chaine d’acides aminés - capable de s’attacher au site actif de la protéine pour l’activer. Ce traitement a rapidement débouché sur une très forte production par l’organisme des souris, d’une cytokine appelée IFNγ. Cette dernière est une protéine aux propriétés antivirales bien connues, qui bloque la réplication du virus et évite ainsi que l’infection ne s’étende.

Des résultats spectaculaires

Ainsi, grâce à l’activation de PAR2, les souris ont survécu à une infection qui autrement, leur aurait été fatale.
De plus, pour des raisons qui restent encore à déterminer, l’activation de PAR2 a diminué substantiellement la sévère inflammation pulmonaire due à une réaction excessive de l’organisme face à l’agent pathogène.
Ces résultats obtenus chez la souris constituent un pas supplémentaire dans la compréhension du rôle joué par PAR2 dans la réaction immunitaire face au virus grippal. De nouvelles études sont encore nécessaires pour valider ces résultats et aboutir à un traitement.

Une stratégie d’avenir ?

« Cette stratégie présente l’avantage, comparée aux moyens de lutte habituels contre la grippe (médicaments antiviraux, vaccins) de ne pas cibler le virus mais les cellules qu’il infecte », expliquent les chercheurs. « Le traitement pourrait ainsi être efficace contre toutes les souches du virus de la grippe et le rester face aux stratégies déployées par le virus pour résister aux traitements actuels ».

* le virus de référence H1N1 utilisé dans cette étude, commencée en 2006, est un virus modèle utilisé depuis des années dans les laboratoires du monde entier travaillant sur la grippe. Il est mortel pour la souris et non pathogène pour l’homme.

Sources : Inra (Institut national de recherches agronomiques) et Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale)

Référence : "Protective Role for Protease-Activated Receptor-2 against Influenza Virus Pathogenesis via an IFN-_-Dependent Pathway".
The Journal of Immunology, 15 juin 2009,Volume 182 : 7795-7802, No. 12
 
 
 
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