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Thon rouge : le domestiquer pour le préserver ?

Date : 21 août 2009
Source : IFREMER

Des chercheurs européens ont réussi à contrôler la reproduction de thon rouge d’Atlantique (Thunnus thynnus) en captivité.
L’obtention d’oeufs viables à partir de thons rouges captifs constitue la première étape indispensable dans la domestication de cette espèce et dans le développement d’une industrie aquacole durable, indépendante des populations sauvages.
L’objectif est à moyen terme de parvenir à l’élevage des larves de thon rouge et à la production de juvéniles. Des travaux ont démarré en ce sens.

Une espèce en péril

Thon rouge sur l’étal Crédits : passamanerie@creativecommonsLe thon rouge est l’une des espèces les plus convoitées au monde. Son exploitation a atteint aujourd’hui un niveau jamais égalé. Le comité scientifique de la CICTA estime en effet que dans l’ensemble de l’Atlantique Est et du bassin méditerranéen, le volume des captures de thon rouge se situe depuis une décennie autour de 50 000 à 60 000 tonnes/an, c’est-à-dire deux à trois fois le potentiel de production actuel du stock.

Les projets SELFDOTT et ALLOTUNA ont été financés par l’Union Européenne dans un souci de réduire la pression de pêche sur le thon rouge et de faciliter la protection de cette espèce.

Vers un élevage indépendant des populations sauvages

Pour parvenir au développement d’une industrie aquacole, les efforts de recherche menés dans le cadre de ces projets visent trois objectifs :
- le contrôle de la ponte du thon rouge en captivité,
- l’élevage des larves et la production de juvéniles,
- la mise au point d’une alimentation appropriée, respectueuse de l’environnement.
Fin juin, le premier objectif a été atteint. La ponte d’oeufs de thon rouge a été obtenue à deux endroits de la mer Méditerranée en utilisant la même gestion des stocks de thons rouges reproducteurs et les mêmes méthodes d’induction de ponte.
Cette réussite est due à plusieurs facteurs : l’alimentation des reproducteurs, la surveillance de la température de l’eau et de la météo, et l’utilisation de l’implant1 déjà développé pour l’induction de ponte chez les thons rouges dans le cadre d’un autre programme de recherche.

Plus de 180 millions d’oeufs

Ainsi, le 29 juin dernier, un stock de reproducteurs sauvages, maintenu en captivité en Espagne dans les cages marines du partenaire du projet, Tuna Graso, a démarré la ponte après avoir reçu l’implant. Les poissons ont ensuite pondu de manière quotidienne, produisant au total 140 millions d’oeufs au 17 juillet. Un deuxième stock de reproducteurs maintenu en captivité dans les installations de Marenostro dans la région de Calabre (Vibo Marina) en Italie, a également commencé à pondre trois jours après l’implantation, produisant au total 46 millions d’oeufs sur une période de deux semaines.

Larves de thon rouge juste après l’éclosion © IEO/Antonio Belmonte © IEO/ Fernando de la GándaraLes oeufs produits ont ensuite été envoyés sur plusieurs sites des partenaires des projets SELFDOTT et ALLOTUNA afin de débuter pour la première fois les travaux sur l’élevage larvaire de ce poisson unique : France (station Ifremer de Palavas), Espagne (Puerto de Mazarron, Institut Espagnol d’Océanographie), Italie (l’entreprise Panittica Pugliese), Grèce (Crête, Centre de recherche marine hellénique), Malte (Centre maltais pour les sciences de la pêche) et Israël (Eilat, Centre national de Mariculture).

1 L’implant fonctionne comme un système libérateur d’hormone reproductrice. Il contient l’hormone libératrice de gonadotropine (GnRHa), une hormone couramment utilisée chez l’humain dans la procréation assistée. L’implant a été développé par les partenaires SELFDOTT : le Centre de recherche marine hellénique (Crête, Grèce) et l’université Heinrich-Heine de Düsseldorf (Allemagne).

Source : Ifremer

Pour en savoir plus :

Les ressources de Science.gouv relative au thon rouge


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