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Acidification des océans : coraux et ptéropodes en danger

Date : 09 septembre 2009

Ptéropode (escargot de mer nageur) arctique Limacina helicina (Spitzberg). © S. Comeau, LOV

Depuis 1800, le tiers des émissions de CO2 liées aux activités humaines a été absorbé par les océans, ce qui équivaut chaque année à 1 tonne de CO2 par personne. Cette absorption massive a permis de réduire les changements climatiques mais elle entraîne également un bouleversement de la chimie de l’eau de mer. Le CO2 absorbé provoque en effet une acidification des océans et au rythme des émissions actuelles, on estime que le pH diminuera de 0.4 unités d’ici 2100. Ceci correspond à un triplement de l’acidité moyenne des océans, ce qui est une première depuis 20 millions d’années !

Quel impact sur les organismes calcificateurs ?

Dirigée par Jean-Pierre Gattuso, l’équipe du Laboratoire d’océanographie de Villefranche (LOV) a étudié l’impact d’une telle diminution de pH sur des organismes calcificateurs, les ptéropodes (escargots marins nageurs) et les coraux profonds, lesquels vivent dans des zones qui seront parmi les premières à être frappées par l’acidification des océans, alors que leur rôle au sein de leurs écosystèmes est essentiel.

Une croissance ralentie

Le ptéropode Limacina helicina, dont la coquille calcaire constitue une protection vitale, joue un rôle important dans la chaîne alimentaire et le fonctionnement de l’écosystème marin arctique. Or, l’étude menée au LOV montre que cet escargot construit sa coquille à une vitesse 30 % plus faible lorsqu’il est maintenu dans une eau de mer ayant les caractéristiques attendues en 2100.

Corail profond Lophelia pertusa (150 m au large des Hébrides dans l’Atlantique nord). © C. Maier, LOVUne diminution encore plus forte (50 %) a été mesurée chez le corail d’eaux froides Lophelia pertusa. Alors que les récifs coralliens tropicaux sont formés par un grand nombre d’espèces, les communautés coralliennes d’eaux froides sont élaborées par une ou deux espèces de coraux, mais elles abritent un grand nombre d’autres espèces. Une diminution de la croissance des coraux constructeurs par l’acidification des océans peut donc menacer l’existence même de ces édifices.

 

Des résultats inquiétant bientôt complétés

Ces premiers résultats publiés soulèvent de grandes inquiétudes sur le futur des ptéropodes, des coraux profonds et des organismes qui dépendent d’eux pour leur nutrition ou leur habitat. Les programmes de recherche, tel EPOCA coordonné par le CNRS, développent de nouvelles études sur d’autres organismes et écosystèmes marins. Ils réalisent des expériences de longue durée et étudient l’impact conjoint de l’acidification des océans et d’autres paramètres qui seront également modifiés dans les prochaines décennies, comme la température et la concentration de sels nutritifs.

Un phénomène lié aux émissions dans l’atmosphère

L’acidification des océans ne peut être contrôlée qu’en limitant les concentrations futures de CO2 dans l’atmosphère. Des négociations visant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (COP 15) sont en cours et devraient être finalisées à Copenhague en décembre prochain. Ces négociations devront prendre en compte non seulement le bilan radiatif de la planète, mais aussi le caractère acide du CO2 qui, une fois absorbé dans l’océan, aura des répercussions qui pourraient être dramatiques sur de nombreux organismes et écosystèmes marins.

Source : CNRS

Pour en savoir plus :

Le site du programme EPOCA (en anglais)

Nos actus consacrée à l’acidification des océans
Les ressources web de Science.gouv en océanographie

 


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