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Séisme de Sumatra : une géologie complexe

Date : 02 octobre 2009
Source : CNRS

Cet événement s’inscrit dans une longue liste de séismes qui se produisent dans cette zone, frontières de plaques, en particulier depuis le séisme géant de décembre 2004. Séisme qui avait avait entrainé un tsunami particulièrement meurtrier.

Une zone complexe

Cette zone sismique est assez compliquée. Il s’agit de la frontière entre plusieurs plaques tectoniques qui convergent et coulissent l’une contre l’autre.

La tectonique des plaques en Asie du Sud-Est. On voit la lanière de Sumatra qui forme la bordure Ouest du bloc de la Sonde (SUNDA), et la lanière Philippine qui forme la bordure Est, prolongée au Sud par la mosaïque de microblocs en mer de Banda (Sulawesi-Moluques)
Ici, c’est la plaque Indienne qui converge à près de 5 cm/an vers un promontoire de la plaque Eurasie, appelée microplaque - ou le bloc - de la Sonde. La convergence n’est pas frontale, mais oblique, si bien que le mouvement est réparti sur deux failles distinctes : le raccourcissement est absorbée en premier dans la fosse de subduction en mer, tandis que le coulissage (ou cisaillement) est absorbé sur une deuxième faille à terre, en arrière de la première : la grande faille de Sumatra. Entre ces deux grandes failles parallèles qui courent sur des milliers de km, délimitent la lanière de Sumatra (qui englobe la Birmanie au Nord).

Un épicentre très proche de la ville

En 7 ans, 4 gros séismes ont rompu plusieurs milliers de km de la subduction de Sumatra. Toute la subduction ? Non, un petit segment de 200 km n’a apparemment toujours pas rompu. Il se trouve juste sur l’équateur, entre les deux grandes ruptures - dites de Nias en mars 2005 et Bengkulu en septembre 2007. Ce « petit » segment, situé juste en face de la grande ville de Padang, capitale de Sumatra Ouest avec au moins 1 million d’habitants résiste encore et toujours.
En effet, le séisme d’hier n’a pas rompu un segment de la subduction de Sumatra. Il s’est produit à l’intérieur de la plaque plongeante, assez profond (vers 80km de profondeur); ce que nous appelons un séisme « intra-slab ». Du coup la rupture n’est pas arrivée jusqu’à la surface, ce qui explique l’absence de Tsunami.

Détail schématique en coupe du type et de la localisation des séismes en fonction de la distance et de la profondeur à la faille océanique

Par contre, pour la même raison, l’épicentre au lieu d’être loin en mer est très proche de la côte et donc de la ville de Padang. D’où des destructions importantes, causées en particulier par des mouvements verticaux très forts à cause de la localisation de l’épicentre juste sous la ville et du mécanisme particulier de ce séisme.

Différentes menaces

Par ailleurs, la région est montagneuse et assez peuplée, car il est plus agréable d’habiter la montagne, plus fraiche. On peut redouter de très nombreux glissement de terrains dans les 100 km à la ronde, car il y en avait déjà eu beaucoup début 2007 après deux petits séismes sur la grande faille de Sumatra qui passe au niveau du lac Singkarak à l’intérieur des terres.

Un risque de nouveau séisme

Il est important de prendre conscience que ce n’est pas le segment de subduction qui a rompu. Celui-ci est toujours bloqué, c’est-à-dire justement prêt à rompre. Il se peut que ce séisme ait suffisamment modifié les contraintes sur l’interface de glissement pour déclencher un vrai séisme de subduction, comme Nias en mars 2005 ou Bengkulu en septembre 2007. On a déjà observé ce type d’interactions au Chili par exemple après le séisme de Punitaqui en 1997. Par contre on ne sait absolument pas prédire quand se produira un tel événement demain, dans 1 an ou dans 5.

 
 
 
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