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France : un site néolithique exceptionnel mis au jour

Date : 13 octobre 2009
Source : INRAP

Jusqu’à fin octobre 2009, une équipe d’archéologues de l’Inrap étudie un site néolithique à Pont-sur-Seine sur une surface de 4 hectares

Un premier habitat du Néolithique moyen (4700 à 4400 avant notre ère)

Les archéologues ont dégagé des trous de poteau qui dessinent le plan de trois maisons circulaires d’environ 80 m2.
Vue aérienne d’un batiment circulaire © Frédéric Canon Vertical Photo / InrapL’espace intérieur a la particularité d’être séparé en deux espaces par une cloison de poteaux au tiers de la surface. Jusqu’à ce jour une dizaine de constructions de ce type était connue en France mais c’est la première fois que l’on en découvre plusieurs sur un même site.
Les premiers éléments de datation fournis par les céramiques découvertes rattachent à cet habitat une vaste fosse d’extraction de limon sablo-argileux de 480 m2. Les matériaux extraits ont pu servir à la construction de bâtiments ou éventuellement de tertres, ces buttes de terre à vocation funéraire ou cultuelle.

Un second habitat très dense de la fin du Néolithique

Environ mille ans plus tard (vers 3500 à 2500 avant notre ère), cet emplacement est à nouveau choisi par les hommes pour y édifier leurs maisons. Dix bâtiments rectangulaires, à deux nefs, répartis en trois zones sur le site, ont été identifiés. Ils sont de taille variable : vingt mètres de long et quatre de large pour le plus grand, dix mètres sur trois pour le plus petit. On dispose actuellement de peu d’élément pour dater précisément ces maisons cependant la comparaison avec une maison fouillée dans le Nord-Est de la France, qui comporte de grandes similarités et qui avait été datée par radiocarbone, permet de rattacher cet ensemble à la période 3500 à 3000 avant notre ère.
Ce rattachement devrait être confirmé par les études radiocarbones réalisées actuellement à Pont-sur-Seine. Une telle concentration de maisons est particulièrement inédite pour cette période.

A proximité de cet habitat, deux enclos, contenant chacun des bâtiments, ont été délimités par des palissades.

Un premier enclos de 500 poteaux

Cet enclos est balisé par une palissade ovoïde de 165 mètres de long. Plus de 500 poteaux, de 2 mètres de haut, ont été nécessaires pour la réalisation de cette palissade. Lors de la fouille, les chercheurs ont dégagé des fragments de céramiques et des os d’animaux (bœufs, etc.). Leur regroupement dans un espace précis permet de supposer qu’il s’agit d’un dépôt rituel. A l’intérieur de l’enclos, deux bâtiments rectangulaires, dont les poteaux structuraient deux nefs, ont été découverts.

Un enclos avec deux bâtiments monumentaux au plan inédit

Le second enclos isole deux constructions à la forme et aux dimensions exceptionnelles. Sa palissade de 136 mètres de circonférence vient s’appuyer sur celle du premier enclos et indique que ce second espace a été élaboré après le premier.

Vue aérienne des deux batiments monumentaux (300m2 et 900 m2) dans leur enclos. Sur la droite, la trace laissée par le premier enclos est également très visible © Frédéric Canon, Vertical photo / InrapUne interruption de la palissade correspondait à l’entrée de l’enclos. Elle était placée dans l’axe de l’entrée du bâtiment principal et contribuait ainsi à la mise en scène du lieu. En effet, à l’extérieur de l’enclos, le visiteur ne pouvait apprécier l’envergure du site car la palissade le masquait en partie. Mais dès l’entrée de l’enclos, la stature des bâtiments devait se révéler en un coup d’œil. Ces deux bâtiments, ou plutôt monuments car on est probablement dans un lieu cultuel, ont une morphologie quasi-identique qui dessine une forme trapézoïdale au sol. Ils sont de taille différente. Le plus petit se développe sur une surface de 280 m2, le plus grand sur près de 900 m2. Leur entrée est marquée à chaque fois par un long rétrécissement à l’est. Leur couloir était délimité de part et d’autres par des palissades de 2 mètres de haut environ qui devaient ressembler à de grandes antennes.

 


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