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Recycler les déchets avec de l’eau ?

Date : 26 octobre 2009
Source : CNES

La station spatiale internationale Crédits : NASA

Installé début septembre dans la Station spatiale internationale, le mini-laboratoire Déclic du CNES va être mis en route. Les scientifiques vont pouvoir étudier la matière sous toutes ses formes, notamment l’état supercritique de l’eau.

« Après une semaine de tests, les scientifiques vont piloter les expériences de Déclic en direct depuis le CADMOS à Toulouse, explique Bernard Zappoli, responsable du programme de sciences de la matière au CNES. Ils conduiront en alternance des expériences sur la solidification des matériaux (DSI) et sur l’eau supercritique (HTI), un solvant puissant et un milieu réactif très intéressant. »

L’eau supercritique décaféine le café

L’eau supercritique, de l’eau soumise à haute pression et haute température (220 bars et 375°C), peut en effet dissoudre et « brûler » efficacement un grand nombre de substances. Et ce, sans émettre de polluant! Les seuls produits rejetés étant de l’oxygène et du dioxyde de carbone. « L’eau supercritique est actuellement utilisée dans l’industrie pour dissoudre la caféine et ainsi décaféiner le café, mentionne Bernard Zapolli. Des chercheurs l’utilisent également dans des réacteurs modèles pour brûler des déchets. Au Commissariat à l’énergie atomique, par exemple, ils font appel à l’eau supercritique pour recycler des déchets radioactifs. »

Seulement voilà, personne n’a jamais pu observer l’eau supercritique en action, interagir avec le café ou les déchets notamment.

La raison? Sur Terre, la gravité agite la matière et empêche de voir réellement ce qui se passe. C’est donc à 400 km au dessus de nos têtes, en micropesanteur, que les scientifiques ont décidé de récidiver.

De l’eau pour "brûler" les déchets écologiquement ?

« Avec Déclic, nous allons analyser toutes les propriétés physico-chimique de l’eau supercritique, ses capacités à transporter la chaleur par exemple. Et au printemps 2010, on étudiera la dissolution du sel dans ce milieu, précise Bernard Zappoli. A terme, on souhaite bien sûr observer la combustion de différentes substances dans l’eau supercritique. »

Déclic (en rose) glissé dans un rack Express à bord de l’ISS Crédits : NASA

Ces nouvelles connaissances devraient ainsi permettre d’améliorer les processus industriels et le recyclage des déchets faisant appel à l’eau supercritique.Et, pourquoi pas, lui permettre de remplacer l’incinération industrielle qui rejette des polluants comme la toxine et ne permet pas de traiter les déchets toxiques.étude de la solidification des matériaux en micropesanteur peut elle aussi avoir des retombées intéressantes pour les industriels de l’automobile ou de l’aéronautique.

« Les expériences de Déclic vont permettre de déterminer les conditions de solidification idéales pour obtenir des matériaux métalliques homogènes et solides, des données utiles pour le moulage de carters de moteur ou d’aubes de réacteur », illustre Bernard Zappoli.

Source : Centre national d’études spatiales (CNES)

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