SMOS va "cartographier" le changement climatique
Ce satellite européen s’est envolé ce lundi 2 novembre depuis le cosmodrome de Plesetsk, en Russie à 2h50 (heure de Paris).
Les 1ers signaux de télémesure du satellite ont été captés peu de temps après par la station sol de Hartebeesthoek, près de Johannesburg (Afrique du Sud). Le satellite tournent actuellement autour de la Terre, sur une orbite héliosynchrone, à une altitude d’environ 760 km. Le centre de contrôle Proteus du Centre national d’études spatiales (CNES) à Toulouse surveille le satellite.
Les 1ères opérations en orbite ont débuté pour vérifier le bon fonctionnement des satellites. La charge utile très novatrice embarquée sur SMOS nécessite du temps pour être vérifiée et étalonnée. Le satellite devrait donc être pleinement opérationnel dans un délai de 6 mois.
Une cartographie à l’échelle planétaire
Menée par l’Agence spatiale européenne (ESA) en collaboration avec la France et l’Espagne, cette mission effectuera la première cartographie à l’échelle planétaire de l’humidité des sols et de la salinité des océans. Le projet SMOS a été imaginé et conduit par le Centre d’études spatiales de la Biosphère (CESBIO - CNRS / Université Paul Sabatier / CNES / IRD).
Une antenne très spéciale
Le CESBIO étudie le fonctionnement et la dynamique des grands écosystèmes terrestres en utilisant les outils spatiaux. « Pour effectuer de façon régulière et fréquente des mesures qui couvrent l’ensemble de la Terre, nous devions impérativement imaginer une solution pour pouvoir collecter des données depuis l’espace » explique Yann Kerr. Principal investigateur de la mission SMOS auprès de l’ESA, Yann Kerr dirige le CESBIO.
Ce laboratoire toulousain a ainsi imaginé un ensemble de petites antennes disposées sur une structure en forme d’Y pour « capter » l’humidité des surfaces et la salinité des océans. Déployée en orbite, cette antenne de 8 mètres de large permettra d’obtenir des images tous les 3 jours avec une résolution d’environ 40 km.
20 ans de recherches
Instiguée par le CESBIO dès 1988, cette aventure a nécessité la réalisation de maquettes instrumentales et de nombreuses campagnes de mesure pour valider l’instrument et les méthodes d’analyse. Ce travail a été accompli sur des écosystèmes variés (Australie, Afrique de l’ouest, sud de la France, Espagne, Danemark, Allemagne...) avec de nombreuses collaborations nationales et internationales. Durant le développement industriel de SMOS, le CESBIO a valorisé ce travail de recherche au travers de collaborations avec des industriels (CASA, EADS, Thales Alenia space), le laboratoire est intervenu également en support d’expertise et transfert de savoir-faire.
SMOS : pour anticiper les événements extrêmes
La connaissance de la salinité des océans et de son évolution permettra d’identifier et de suivre les courants marins qui jouent, à l’instar du Gulf Stream, un rôle primordial dans les changements climatiques. En étudiant l’humidité des surfaces, particulièrement les interactions entre l’humidité des sols et l’évolution du couvert végétal, SMOS fournira des données fondamentales pour améliorer la prévision météorologique et mieux anticiper des évènements extrêmes. SMOS est un outil au service du monde scientifique mais aussi des professionnels travaillant sur la question de la ressource en eau. La connaissance de l’humidité de surface intéresse les hydrologues (état des nappes, inondation, sécheresse), les agronomes (suivi et compréhension de la croissance de la végétation) mais aussi les aménageurs (gestion de la ressource en eau, paramètre d’alerte pour la désertification...).
Sources :
Centre national d’études spatiales (CNES)
Institut de recherche pour le developpement (IRD)
Pour en savoir plus :
Quatre vidéos pour saisir l’importance du satellite
Podcasts de Ciel et Espace Radio : interview de Yann Kerr, responsable scientifique de la mission SMOS
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