Cancer colorectal : des perspectives pour limiter les récidives
Chaque année on dénombre en France plus de 39 000 nouveaux cas de cancer colorectal et 17 000 décès dus à cette maladie. Dans ce contexte, tous les domaines de recherche apparaissent comme majeurs : dépistage, traitement mais aussi prédiction de l’évolution clinique des patients.
20 à 25 % des patients vont récidiver
Les patients diagnostiqués à des stades précoces de la maladie (appelés stades I et II) représentent la majorité des malades atteints de cancers colorectaux.

La détection de ces cancers à des stades précoces devrait encore augmenter avec le développement du dépistage organisé à partir de 50 ans. Plus la maladie est dépistée tôt (stades précoces), meilleur en est le pronostic. Cependant, 20 à 25 % des patients vont récidiver de leur cancer. Aucun marqueur performant n’existe à ce jour pour identifier ces patients à risque de récidive.
Depuis plusieurs années, l’équipe de Jérôme Galon et de Franck Pagès 1 s’attache à comprendre l’évolution de la réponse immunitaire du patient à tous les stades d’évolution de la maladie. Leurs nouveaux travaux se sont concentrés sur les patients présentant un cancer colorectal de stade précoce (stades I et II).
Découverte d’un élément prédictif de l’absence de récidive
D’après leur dernière étude, une forte présence de cellules immunitaires particulières, appelées lymphocytes T cytotoxiques et lymphocytes T mémoires, au site de la tumeur, est un élément prédictif de l’absence de récidive du cancer et d’une survie prolongée des malades atteints d’un cancer colorectal de stade précoce. Ainsi, à peine 5 % des patients qui présentaient une forte densité de lymphocytes T cytotoxiques et lymphocytes T mémoires, ont vu leur cancer récidiver et plus de 85 % des malades ont survécu, cinq ans après la découverte du cancer. A l’inverse ces taux passent respectivement à 75 % et 27,5 % pour les patients qui avaient une faible densité de ces lymphocytes.
De nouvelles perspectives
Leur travail pourrait permettre de mieux définir les patients à haut risque de récidive, une fois qu’ils ont été traités par chirurgie et offre des perspectives pour limiter les récidives grâce à des stratégies cherchant à stimuler la réponse immunitaire (on parle d’immunothérapie).
Source : Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm)
1 : L’équipe Inserm, Immunologie et cancérologie intégrative dirigée par Jérôme Galon (Inserm 872, Centre de recherche des Cordeliers -UPMC-) et la plate-forme d’immunologie des tumeurs de l’Hôpital européen Georges-Pompidou (AP-HP) dirigée par le Pr. Franck Pagès, du service du Pr. Wolf-Hervé Fridman.
Référence :
"In Situ Cytotoxic and Memory T Cells Predict Outcome in Patients with Early-Stage Colorectal Cancer"
Franck Pagès, Amos Kirilovsky, Bernhard Mlecnik, Martin Asslaber, Marie Tosolini, Gabriela Bindea, Christine Lagorce, Philippe Wind, Florence Marliot, Patrick Bruneval, Kurt Zatloukal, Zlatko Trajanoski, Anne Berger, Wolf-Herman Fridman, and Jérôme Galon
Journal of clinical oncology
Pour en savoir plus :
Un dossier du Journal du CNRS consacré à la lutte contre le cancer
Les ressources web de Science.gouv en médecine
Les actualités et dossiers de Science.gouv relatifs aux cancers









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