Emission-absorption de gaz à effet de serre : un équilibre à préserver

L’étude CarboEurope (site en anglais) confirme l’existence d’un puits de carbone important de - 305 millions de tonnes de carbone par année dans les forêts et prairies européennes. Un tel puits pourrait compenser 19% des émissions liées à la combustion des carburants d’origine fossile.
Cependant, les terres agricoles et les tourbières émettent du CO2, ce qui annule en partie ce puits. Le résultat net de puits de carbone sur le continent européen est -274 millions de tonnes de carbone par an, compensant 15% seulement des émissions liées à la combustion des carburants fossiles.
Des émissions supplémentaires
De plus, d’autres puissants gaz à effet de serre sont également émis, par exemple le protoxyde d’azote provenant des engrais azotés appliqués aux prairies et aux cultures, et le méthane provenant des ruminants et des tourbières. Ces émissions annulent presque entièrement - en équivalents CO2 - le puits de carbone, qui ne représente alors plus que 2% des émissions de CO2 issu de la combustion d’énergies fossiles.
Union européenne : une situation moins bonne
Comparée à l’Europe continentale dans son ensemble, la situation est moins bonne pour les 25 Etats de l’Union européenne en 2005. Bien que leurs forêts et prairies puissent compenser 13% du CO2 émis par la combustion des carburants fossiles, l’émission de puissants gaz à effet de serre (GES) d’origine agricole et de l’exploitation des tourbières réduit l’efficacité du puits terrestre à - 111 millions de tonnes de carbone par an, soit seulement 11% du CO2 émis par l’utilisation des carburants fossiles.
Les émissions de méthane et de protoxyde d’azote sont relativement importantes dans l’Union européenne, et l’utilisation des terres pour l’agriculture et l’élevage apparaît comme une source de gaz de 34 millions de tonnes équivalents carbone par an, augmentant les émissions de la combustion des carburants fossiles de 3% supplémentaires.
Vers une meilleure gestion des puits de carbone ?
Les chercheurs concluent que pour contribuer à la lutte contre le réchauffement, il est nécessaire de diminuer les émissions des puissants GES comme le méthane et le protoxyde d’azote, et développer des politiques d’aménagement des territoires visant à réduire ces émissions, et gérer au mieux les puits de carbone.
Cette étude originale associe deux méthodes indépendantes et complémentaires : l’une basée sur le bilan de masse des gaz à effet de serre atmosphériques, l’autre sur les mesures issues des écosystèmes terrestres. Ce nouveau calcul est issu pour la première fois de mesures et non de statistiques.
Source : Inra
Référence :
Importance of methane and nitrous oxide for Europe’s terrestrial greenhouse-gas balance.
Nature Geoscience, 2, December 2009. Advanced Online Publication: DOI 10.1038/ngeo686
Contacts :
Jean-François SOUSSANA
tél. : 04 73 62 44 23
mel : Jean-Francois.Soussana@clermont.inra.fr
Directeur de l’unité de recherche sur l’Ecosystème prairial
département « Ecologie des Forêts, Prairies et milieux Aquatiques »,
centre INRA de Clermont-Ferrand-Theix.
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