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Cryptographie : un nouveau record de calcul

Date : 14 janvier 2010
Source : INRIA

Carte à puce Crédits : DeclanTM@creativecommonsQuatre ans après le dernier record qui a permis de casser une clé RSA de 663 bits, l’INRIA et ses partenaires démontrent la vulnérabilité d’une clé RSA de 768 bits. En conjuguant différentes capacités de calcul mises à leur disposition pendant 2 ans et demi, ils sont parvenus à casser cette clé de 232 chiffres en retrouvant les facteurs premiers qui la composent. Ce nouveau record est une belle illustration de l’efficacité des systèmes de calcul distribué. Il confirme les recommandations de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) en démontrant la vulnérabilité d’une clé RSA de 768 bits.

Un nouveau record de calcul réalisé sur une architecture distribuée

L’équipe CACAO (pour Courbes, Algèbre, Calculs, Arithmétique des Ordinateurs) de l’INRIA Nancy - Grand Est (commune à Nancy-Université et au CNRS) et ses partenaires suisses, japonais, hollandais et allemands (EPFL, CWI, NTT, Université de Bonn) ont mis en commun différentes capacités de calcul pour réussir à factoriser une clé RSA de 768 bits.

425 PC quadri-cœurs mobilisés pendant un an

Pour réaliser ce calcul à grande échelle, l’INRIA a recouru à une partie de l’infrastructure Grid’5000 qui relie en France 1544 machines, soit plus de 5000 cœurs. Au total, avec l’intervention des autres partenaires, ce sont l’équivalent de 1700 cœurs utilisés pendant un an, soit 425 PC quadri-cœurs pendant un an, qui ont été mobilisés.

Différentes étapes ont été nécessaires pour mener à bien ce projet dont la première a consisté à collecter plus de 64 milliards de relations (1). Cela a nécessité plusieurs espaces disque (5 Tera-octets, copies de sauvegarde et espace de travail). Pour garantir la bonne exécution du calcul, l’intégrité des données, qui ont circulé d’un bout à l’autre de la planète, a dû être vérifiée en permanence.

Grilles de calcul : une solution efficace

Le calcul a démarré il y a 2 ans et demi. L’INRIA, seul intervenant français, a rejoint le projet en 2008 et a contribué à 37% du résultat global (en ressources de calcul). L’équipe a notamment apporté son expertise pour élaborer un protocole d’utilisation des machines et rassembler le nombre nécessaire de relations. Selon Paul Zimmermann, directeur de recherche au sein de l’équipe CACAO « Réaliser un tel calcul en recourant à un outil comme Grid’5000 montre l’efficacité de solutions de calcul distribué ou grilles de calcul. Ces dernières représentent une alternative très sérieuse aux supercalculateurs. En rassemblant des ressources simples, à l’échelle d’un PC, elles sont efficaces à moindre coût.».

Pourquoi démontrer la vulnérabilité des systèmes cryptographiques ?

Les systèmes cryptographiques garantissent la sécurité des échanges de données sur Internet, ils sont au cœur du commerce électronique. S’assurer de leur fiabilité est dès lors crucial. Casser les codes de protection d’un système de cryptographie conduit à chercher de nouvelles solutions et donne les arguments pour favoriser l’adoption de systèmes plus sécurisés.
Les systèmes à clé publique (les clés pour chiffrer et déchiffrer sont différentes, destinataire et expéditeur du message n’utilisent pas la même clé) permettent d’échanger des informations confidentielles ou de signer électroniquement des documents allant de l’Internet aux cartes à puces. L’algorithme RSA (pour Rivest Shamir Adleman) fait partie de cette famille de systèmes.

Lire la suite de cet article sur le site de l’Institut national de recherches en informatique et automatique (Inria).

Source : Inria

Pour en savoir plus :

- Le site de l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information

- Le portail de la sécurité informatique


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