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Des Européens vont expérimenter une mission vers Mars

Date : 23 mars 2010
Source : ESA

Sas d’entrée du module de simulation Credits: ESA - S. CorvajaUn équipage de six membres, dont deux Européens, s’apprête à participer à une simulation de mission d’exploration martienne à bord d’une installation comprenant un vaisseau interplanétaire, un atterrisseur et un module reconstituant la surface martienne. Cette expérience baptisée Mars500, d’une durée égale à celle d’un voyage aller-retour vers Mars, constituera à cet égard un test exceptionnel en matière d’endurance humaine.

Depuis fin février, les quatre candidats Européens sélectionnés par l’Agence spatiale européenne (ESA) (le Belge Jérôme Clevers, les Français Arc’hanmael Gaillard et Romain Charles ainsi que l’Italo-colombien Diego Urbina), dont deux seront retenus pour participer à Mars500, se préparent à cette mission à l’Institut russe des problèmes biomédicaux (IBMP) de Moscou, en compagnie des autres membres de l’équipage. La première simulation d’une mission martienne complète débutera l’été prochain à Moscou dans l’installation spécialement conçue à cet effet.

Le nom de Mars500 donné à la mission fait référence à la durée d’une éventuelle future expédition martienne faisant appel à des moyens de propulsion classiques : 250 jours pour le voyage aller, 30 jours à la surface de Mars et 240 jours pour le voyage retour, soit 520 jours au total.

Déterminant : le facteur humain

Outre les défis techniques, la principale interrogation que soulève un tel projet a trait au facteur humain : comment sélectionner et préparer au mieux les candidats, physiquement et psychologiquement, à une mission spatiale d’une durée d’un an et demi, voire beaucoup plus, durant laquelle ils devront cohabiter dans un milieu clos, dans des conditions de stress permanent, privés de leur famille et de leurs amis ?

Une préparation intensive

L’étude d’isolement de 520 jours qui va être réalisée prochainement est une composante essentielle du programme Mars500 qui a débuté en 2007. Conduite en novembre 2007, la première phase de ce programme a consisté en une simulation de 14 jours qui a principalement permis de tester les installations et les procédures opérationnelles. Une deuxième phase a suivi en 2009 lorsque, à compter du 31 mars, six membres d’équipage (quatre Russes et deux Européens) ont été confinés pendant 105 jours dans un ensemble de modules à l’Institut des problèmes biomédicaux (IBMP) de Moscou. L’un des candidats européens actuels, Arc’hanmael Gaillard, faisait d’ailleurs partie de l’équipage de réserve lors de cette étude.

Un isolement complet

Durant la prochaine expérience de longue durée, l’équipage vivra dans des conditions d’isolement complet, dans un environnement confiné, et il disposera de consommables en quantité limitée. Il ne pourra communiquer avec le monde extérieur que par l’intermédiaire d’Internet avec un délai de transmission de 20 minutes et des moments où il sera impossible d’établir des communications, comme lors d’une véritable mission martienne du fait de la distance entre la Terre et le véhicule spatial. L’équipage fera l’objet d’une surveillance, avec un suivi psychologique, médical et physique qui s’exercera pendant toute la durée de la mission. Les enseignements recueillis seront mis à profit pour les développements techniques et la planification opérationnelle de futures missions d’exploration humaine de longue durée.

Conduite par l’IBMP, l’expérience Mars500 bénéficie d’une participation importante de l’ESA. La Direction Vols habités de l’ESA entreprend Mars500 dans le cadre du Programme européen de recherche et d’applications en sciences physiques et sciences de la vie dans l’espace (ELIPS), afin de préparer de futures missions humaines à destination de la Lune et de Mars.

L’expérience va se dérouler sur le site de l’IBMP à Moscou, dans un bâtiment spécial qui abrite l’installation d’isolement et le centre de contrôle des opérations, les services techniques et les bureaux. L’installation d’isolement est constituée de quatre modules d’habitation hermétiquement clos et reliés entre eux, ainsi que d’un module externe qui simule la surface martienne. Le volume intérieur total des modules est de 550 mètres cubes.

Vivre comme des astronautes à bord de l’ISS

Le 25 février, en compagnie de leurs homologues russes et chinois, les candidats européens ont commencé à Moscou leur entraînement pour cette expérience d’isolement. Au final, six personnes - deux Européens, trois Russes et peut-être également un Chinois - formeront un équipage qui passera environ 520 jours (voire jusqu’à 700 jours) à l’intérieur des modules de simulation. Comme les astronautes, les candidats ont été sélectionnés sur des critères tels que leur formation, leur expérience professionnelle, leur aptitude médicale et leurs habitudes de vie. Tous parlent russe et anglais ; ils possèdent une expérience en médecine, ingénierie, biologie et technologie de l’information.

Source : Agence spatiale européenne (ESA)

Pour en savoir plus :

A écouter : Mars et la lune, cible de l’exploration planétaire, un podcast proposé par Ciel et Espace radio

Mars : les ressources de science.gouv


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