Pourquoi un tel nuage volcanique ?
L’Islande est une île résultant de l’activité d’un point chaud et de la dorsale médio-atlantique. Cette dorsale caractérise l’écartement entre les plaques nord-américaine et eurasienne. Elle forme une gigantesque chaîne de volcans sous-marins sur 15 000 km de long. Les deux plaques s’écartent à raison de 2 cm par an. L’Islande en est la seule partie emmergée en raison du point chaud situé à l’aplomb.
Un volcan sous-glaciaire
Cette île est presque en totalité composée de roches volcaniques et comporte de nombreux volcans actifs (environ 130) dont un grand nombre sont couverts de glaciers. Le volcan actuellement en éruption est situé sous le glacier Eyjafjallajökull.

Situé à 160 km au sud-est de la capitale de l’Islande, Reykjavík, le volcan Eyjafjöll est entré en éruption le 20 mars 2010. L’Eyjafjöll est un volcan sous-glaciaire, qui culmine à 1666 m d’altitude.
Ce stratovolcan âgé de 700.000 ans possède peu d’activité historique : autour de 550, 1612 et 1821-1823. La fin de l’éruption de Eyjafjöll coincide avec le début en 1823, de l’éruption du Katla, qui a été l’éruption la plus violente d’Islande au cours de ces 200 dernières années.
L’éruption de 2010
Cette éruption se subdivise en deux phases bien distinctes entrecoupées par deux jours d’inactivité le 13 et 14 Avril 2010. En parallèle avec cette coupure dans l’activité, la chimie du magma a été totalement modifiée.
1- Le 20 Mars 2010, peu avant minuit, l’Eyjafjallajökull entre en éruption de manière excentrée par rapport au sommet de l’édifice. Le point d’émission se situe au niveau du col séparant l’Eyjafjallajökull du volcan voisin le Katla. Les premiers séismes précurseurs de cette éruption ont été enregistrés par le réseau de surveillance islandaise en avril 2009.
Cette éruption est une éruption fissurale (comme souvent en Islande). La fissure s’étend sur 800 mètres de long. Elle est caractérisée par l’émission de jets de lave s’élevant à plus de 200 mètres de hauteur. Elle présente une activité effusive sous la forme de fontaines et d’épanchements de lave.
Cette première phase émet un magma très primitif, un basalte à olivine (47% de SiO2), dans la partie latérale de l’édifice, entre l’Eyjafjallajökull et le Katla. La deuxième phase est plus violente et plus explosive. L’Eyjafjöll entre en éruption et émet un important volume de gaz, cendres et scories sous la forme d’un panache volcanique.
L’éruption a fracturé plusieurs centaines de mètres de calottes glaciaire et provoqué une fonte brutale de la glace. Les écoulements d’eau, de boues et de débris dus à cette fonte ont entrainé d’importantes inondations et obligé les autorités à évacuer 800 personnes.
Le fort caractère explosif est dû tout d’abord à l’interaction eau-magma et au violent choc thermique entre de la glace à zéro degrés qui se trouve violemment vaporisée par un magma à plus de 1000°C. Cette énergie contribue de manière importante à fragmenter la roche au niveau du point d’émission produisant des particules très fines qui sont expulsées actuellement jusqu’à 10 km d’altitude.
2- A partir du 14 avril, la deuxième phase émet un magma plus différencié et donc plus explosif, un trachy-andésite (58% de SiO2), dans la partie sommitale de l’édifice.
C’est cette deuxième phase qui est responsable de l’expulsion du panache à presque 10 km d’altitude et qui a eu pour conséquence la très forte perturbation du trafic aérien européen.
Lire la suite sur le site de l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP)
Comment estimer le débit d’une éruption à partir de la hauteur du panache volcanique ?
Pour en savoir plus :
Des informations et des images rafraichies toutes les 15 minutes sur le site du laboratoire Magmas et Volcans de Clermont-Ferrand
Cartographie du nuage de cendres sur l’Europe du nord
Une photo du nuage prise par le satellite Envisat sur le site de l’Agence spatiale européenne (ESA)
Un album de photos satellites proposées par le centre des vols spatiaux Goddard de la Nasa
Quelles conséquences en France ? Réponses sur le site du Ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer (avec l’IPGP)
Les ressources de Science.gouv sur les volcans et en géologie
Voir le site









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