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Cancers du sein : vers une nouvelle stratégie de soin

Date : 14 juin 2010
Source : Institut Curie

Dans ce tissu soufrant d’un stress oxydatif, la chimiokine CXCL12 (marquée en brun) est produite par les fibroblastes et se fixent sur les cellules épithéliales tumorales qui se trouvent en bas de la coupe et que l’on distingue par leur aspect. Cette image souligne l’interaction dans les cellules tumorales et le stroma. © A. Toullec/Institut CurieLes cellules tumorales agissent sur leurs plus proches voisines pour faciliter leur "échappée" hors de la tumeur initiale. Comment ? Grâce au stress oxydatif. C’est ce que vient de montrer l’équipe de Fatima Mechta-Grigoriou1, directrice de recherche Inserm, à l’Institut Curie.

Les cellules tumorales se développent dans une niche, le stroma, dont l’abondance et la nature facilitent leur épanouissement. Or, dans certains cancers du sein très agressifs -notamment les cancers HER2, surexprimant l’oncogène ERBB2 -, les cellules tumorales présentent un stress oxydatif important qu’elles utilisent pour transformer ce stroma et faciliter leur dissémination.
Ainsi modifiées, les cellules du stroma, telles des éclaireurs, ouvrent la voie aux cellules tumorales, qu’elles entraînent alors hors de leur site primitif. Ce nouveau mécanisme explique pourquoi les tumeurs HER2 sont souvent associées à des métastases ganglionnaires. Cette découverte met aussi au jour un moyen innovant d’enrayer la progression tumorale : détruire ou modifier le stroma.

Pourquoi certaines tumeurs disséminent-elles dans l’organisme ?

Toutes les tumeurs ont-elles le même pouvoir invasif ? Des questions qui ne sont pas encore élucidées à ce jour. Face à une tumeur localisée, les médecins ont encore bien du mal à déterminer si des cellules tumorales ont déjà disséminé, voire si cette tumeur présente un risque de former des métastases à plus ou moins long terme. Si les caractéristiques propres aux cellules tumorales ne semblent pas pouvoir expliquer à elles seules leur pouvoir invasif, pourquoi ne pas chercher des réponses dans l’environnement proche de la tumeur, le stroma ?

L’équipe « Stress et Cancer » dirigée par Fatima Mechta-Grigoriou a donc exploré l’influence du microenvironnement sur les cellules tumorales et l’acquisition de
leur capacité migratoire. Dans un cancer, les cellules tumorales évoluent dans une
niche, le stroma, composée essentiellement de cellules de soutien, les fibroblastes. « Lorsque ces fibroblastes sont soumis à un stress oxydatif, on constate qu’ils se transforment en myofibroblastes, des cellules connues pour
leur propriétés contractiles »
explique Fatima Mechta-Grigoriou. Tout se passe alors comme si les myofibroblastes ouvraient la voie aux cellules tumorales. Elles quittent le tissu en premier et créent une matrice qui va servir de rails aux cellules tumorales.

Note :
1 Fatima Mechta-Grigoriou est directrice de recherche Inserm et chef de l’équipe stress et cancer dans l’unité Génétique et biologie des cancers - Institut Curie / Inserm U830

Lire la suite sur le communiqué de l’Institut Curie (PDF)

Source : Institut Curie

Contact : Céline Giustranti (service.presse@curie.fr)


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