Quand Rosetta rencontre Lutetia
Samedi 10 juillet au soir, après avoir parcouru plus de 5 milliards de km depuis son départ, Rosetta survolera à toute allure le gros astéroïde Lutetia dont elle révèlera l’apparence grâce aux premières images "en direct" et tentera de mieux connaître sa composition mystérieuse
Si vous lisez ces lignes samedi 10 juillet vers 20h30, cliquez ici Vous pourrez suivre en direct la soirée organisée à Cité des sciences et découvrir les premières images de l’astéroïde.
Rosetta : un véritable défi technique
Après ce survol cométaire de deux heures, la sonde de l’ESA, lancée le 2 mars 2004, poursuivra sa route vers son objectif principal qui sera une première mondiale en 2014: l’exploration in situ de la comète Churyumov-Gerasimenko. Rosetta sera la première sonde à voler en formation pour une longue période d’observation avec une comète et à poser un atterrisseur sur son noyau. Rosetta doit arriver à proximité de cette comète après avoir fait appel à quatre reprises à l’assistance gravitationnelle de la Terre et de Mars pour parvenir à se placer sur une trajectoire parallèle à la comète avec une vitesse identique. La mission représente, à plusieurs titres, un défi technique
Lutetia : un des occupants les plus imposants de la ceinture d’astéroïde
Mais tout d’abord cette semaine, Rosetta va rallumer tous ses instruments pour découvrir et scruter Lutetia comme elle l’avait déjà fait en 2008 avec l’astéroïde Steins.C’est à Paris que l’astéroïde Lutetia a été découvert le 15 Novembre 1852 par l’astronome allemand Hermann Goldschmidt depuis le balcon de son appartement, rue de l’Ancienne Comédie. Depuis, Lutetia a gardé beaucoup de ses secrets. Personne ne connaît sa forme ou sa composition et il n’y a que récemment que Rosetta a pu estimer son diamètre à environ 134 km tandis qu’elle affinait sa trajectoire d’approche qui est contrôlée par le centre de l’ESOC (ESA) à Darmstadt en Allemagne. Depuis les meilleurs observatoires terrestres, Lutetia n’apparait que comme un petit point lumineux.
Avec un axe de rotation probablement horizontal comme Pluton, Lutetia pourrait avoir une forme de patatoïde allongé avec une surface couverte de cratères. L’autre singularité de Lutetia est sa composition qui intrigue les savants car cet astéroïde semble posséder à la fois des composés primitifs à base de carbone et des éléments métalliques. Jusque-lá aucun asteroïde connu ne possédait les deux.
D’autres missions spatiales ont permis d’observer une poignée d’astéroïdes et chacun d’entre eux s’est avéré être très différent des autres. Lutetia pourrait bien confirmer cette règle de la disparité. Pourtant la quasi-totalité des astéroïdes connus appartiennent à la ceinture d’astéroïdes située entre les orbites de Mars et Jupiter.
« Si l’astéroïde Lutetia est métallique, nous avons trouvé un numéro gagnant », dit Rita Schulz, scientifique du projet Rosetta de l’ESA.
Fenêtre d’exploration : deux heures
Rosetta n’aura que 2 heures pour réussir cette exploration en "coup de vent". Ce survol cométaire aura lieu à plus de 455 millions de km de la Terre. Un bon contact entre la sonde et les stations de réception terrestres sera donc essentiel car les incertitudes dans la position de l’astéroïde et de sa forme exigeront des réglages automatiques de dernière minute pour bien garder les instruments focalisés sur Lutetia. « Malgré la rapidité de ce survol, les principaux instruments de Rosetta devraient permettre de mieux connaître la composition de Lutetia, de savoir si elle possède une signature magnétique et rendre possible une reconstruction tri-dimensionnelle de l’astéroïde », explique Marcello Coradini, coordinateur des missions d’exploration du Système Solaire à l’ESA.
Source : Agence spatiale européenne
Pour en savoir :
Le site de l’ESA consacré à Lutetia (en anglais)
Les premières images de Lutetia sur le blog (en anglais) qui lui est dédié à l’agence spatale européenne
La soirée organisée à la Cité des sciences à suivre en direct avec Universcience.tv
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