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L’histoire évolutive de la peste reconstituée : un outil pour contrôler le risque épidémiologique

Date : 03 décembre 2010
Source : CIRAD

Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa, 11 mars 1799, GROS Antoine-Jean (Baron), Musée du Louvre, ParisGrâce à la génétique, un consortium international a reconstitué l’histoire évolutive de la peste. La méthodologie utilisée pourra être appliquée à n’importe quel agent pathogène et contribuer à contrôler le risque épidémique.

C’est une première mondiale ! L’histoire évolutive de la peste vient d’être retracée grâce à la génétique par un consortium international. Les scientifiques ont mis au point une méthodologie extrêmement fiable qui élargie un peu plus l’horizon de la lutte contre les maladies infectieuses. Ces résultats ont été publiés dans la très prestigieuse revue Nature Genetics.

Une méthodologie robuste

L’équipe à d’abord sélectionné 17 souches de Yersinia pestis, la bactérie responsable de la peste, qui leur paraissent représenter la diversité génétique existante du pathogène. En comparant ces 17 génomes deux à deux, ils ont identifié près de 1000 mutations faisant office de marqueurs pertinents pour retracer l’histoire évolutive de la bactérie. Ce millier de localisations a été examiné dans quelques 400 souches issues de grandes collections du monde entier. Un travail considérable qui a permis de construire l’arbre phylogénétique de Yersinia pestis. L’histoire biogéographique de la bactérie peut désormais être reconstituée grâce à cet arbre. « En comparant les informations révélées par nos résultats et les écrits historiques sur les grandes épidémies de peste nous avons confirmé la fiabilité de notre méthodologie » affirme Philippe Roumagnac, chercheur au Cirad, qui a participé à l’étude.

Les résultats révèlent que la peste est très probablement apparue en Chine et en Asie centrale. En effet, les souches asiatiques sont au centre de l’arbre phylogénétique et surtout elles sont positionnées aux principaux points de différentiation de lignées. Cependant, les scientifiques déplorent le manque de données provenant de l’ex-URSS : « elles compléteraient le puzzle, » commente Philippe Roumagnac.

Mieux prédire les maladies émergentes ?

Outre l’intérêt des connaissances fondamentales qu’apportent ces travaux sur l’histoire évolutive de Yersinia pestis, le chercheur précise que « cette méthodologie est un cas d’école puisqu’elle peut s’appliquer à tout type de pathogène : bactérie, virus ou parasites, s’attaquant aux humains, aux animaux ou aux plantes. » Elle permettrait de connaître la route empruntée par la souche de l’agent infectieux à l’origine d’une épidémie et donc les modes de transmission. De précieuses connaissances pour établir des points de contrôle et tenter de maîtriser l’épidémie. À l’heure où les maladies émergentes préoccupent de plus en plus la communauté internationale, connaître le plus parfaitement la structure des populations d’un agent infectieux pourrait aider à mieux lutter contre sa propagation.

La peste est toujours présente en Amérique, en Afrique et en Asie. Et même si cette maladie se soigne bien à l’aide d’antibiotiques, chaque année, des morts sont à déplorer sur les trois continents. En cas de pandémie, les épidémiologistes pourront retrouver rapidement l’origine biogéographique de la souche grâce aux outils de typage moléculaire publiés par le consortium international.

Source :
L’histoire évolutive de la peste éclaire les épidémiologistes, article du 25 novembre 2010, site internet du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad)

Pour approfondir :
Dossier sur la peste de l’Institut Pasteur.
Dossier documentaire sur la peste, Cité des sciences et de l’industrie, dossier réalisé pour l’exposition "Epidemik" l’expo contagieuse, octobre 2008 - janvier 2010.
Peste, situation mondiale, 8 janvier 2008, Institut National de Veille Sanitaire (INVS)
La Peste, brochure du CNRS : une synthèse des connaissances scientifiques sur la peste.
Les actualités de science.gouv sur la peste

 

 
 
 
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