Au lendemain du 25e Téléthon, retour sur les principes de la thérapie génique
Au lendemain de la 25e édition du Téléthon (le 2 et 3 décembre 2011), Science.gouv vous propose de comprendre le principe des maladies génétiques et de leurs thérapies. Maladies liées à des déficits immunitaires, maladies rares du sang ou du cerveau, myopathies ... La liste est longue des maladies pour lesquelles l’espoir d’une thérapie est réapparu grâce aux avancées permises par les biothérapies, et notamment la thérapie génique.
L’histoire du Téléthon : 1986-2011
Dès les années 1980, l’association française de myopathies (AFM) a eu la conviction qu’il fallait chercher des pistes de traitement en partant de l’origine des maladies neuromusculaires, c’est-à-dire la génétique. 1986 marque la découverte du premier gène à l’origine d’une maladie neuromusculaire, la myopathie de Duchenne. Le premier Téléthon est organisé en 1987, en s’inspirant de l’expérience américaine. A la surprise générale, le marathon télévisé rencontre dès sa première édition un grand succès populaire.
Grâce aux fonds collectés, Généthon, le laboratoire du Téléthon, réalise entre 1991 et 1996 les premières cartes du génome humain : une prouesse scientifique et technique mais surtout un véritable bond en avant pour la génétique mondiale et le point de départ du décryptage de la totalité du génome humain. Au développement des connaissances sur les maladies neuromusculaires, l’AFM a donc ajouté un deuxième axe de recherche: l’étude du génome humain. Puis un troisième : les maladies rares...
Le choix de la piste "génétique" s’est avéré payant. Plusieurs pistes thérapeutiques ont émergé des progrès de la connaissance des gènes et des cellules : la thérapie génique (utiliser des gènes sains comme médicaments), la chirurgie du gène (intervenir sur le gène malade pour le réparer), ou encore la reconstitution d’organes ou de tissus lésés grâce aux cellules souches, capables de se différencier en cellules de tous types : coeur, peau, etc.
Qu’est-ce que la thérapie génique ?
La thérapie génique a pour but d’introduire chez un patient la copie normale du ou des gènes déficients responsables de sa maladie, ou bien de modifier l’expression du ou des gènes délétères impliqués dans une pathologie.
On distingue deux sortes de maladies génétiques : les maladies monogéniques et les maladies multifactorielles. Les maladies monogéniques sont dues à la mutation d’un seul gène. On estime aujourd’hui qu’il en existe près de 6 000 : près d’un enfant sur 100 naît avec une maladie génétique inscrite dans son génome. Beaucoup de ces maladies sont désormais connues du grand public comme la mucoviscidose, les myopathies, la chorée de Huntington, l’anémie falciforme... Les maladies multifactorielles sont plus complexes, mais beaucoup plus répandues : elles sont dues à l’association de plusieurs gènes et à des facteurs environnementaux.
Deux possibilités : remplacer le gène déficient par un gène sain
Dans le traitement des maladies monogéniques ou "orphelines", la thérapie génique consiste le plus souvent à remplacer un gène déficient par un gène sain. Cela suppose plusieurs étapes : repérer la mutation défectueuse, cloner des gènes de remplacement jouant le rôle d’"ADN-médicament", obtenir une expression stable de ces gènes dans les cellules. Pour placer le gène-médicament, on utilise des vecteurs capables de pénétrer les cellules et de faire pénétrer leur ADN dans le noyau. Ces vecteurs sont en général des virus dont on a désarmé le potentiel infectieux, comme les rétrovirus ou les adénovirus.
... ou bien le modifier grâce à une microchirurgie
Depuis quelques années, la recherche biomédicale a gagné en finesse d’intervention sur les gènes. Le saut d’exon, par exemple, consiste en une microchirurgie du gène où, au lieu de le remplacer entièrement, on se contente de modifier très légèrement les informations utiles à son expression (modification de lecture des exons lors du processus d’épissage, qui permet de produire une protéine).
La thérapie génique est associée dans l’imaginaire contemporain à des maladies rares et monogéniques : elle représente en effet souvent le seul espoir pour ces pathologies invalidantes, au pronostic souvent sombre. Mais dans les essais en cours à travers le monde, les cancers arrivent en tête des indications (65,2 %), suivis des pathologies cardiovasculaires (9,3 %), des maladies monogéniques (8,2 %), des maladies infectieuses (7,6 %) et des maladies neurologiques (1,2 %).
La thérapie génique, comme toute innovation, a besoin de temps pour se développer, les antibiotiques, les transplantations d’organes ou les anticorps monoclonaux ont demandé de nombreuses années avant de parvenir à maturité.
Pour faire un don au téléthon :
http://www.afm-telethon.fr/
Source :
Dossier sur la "Thérapie génique", site Internet de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM)
En savoir plus
EN IMAGES
Vidéo "Virus et thérapie génique", une émission d’Universcience.tv (2011), réalisée par Roland Cros.
A voir aussi sur la Web TV scientifique Universcience.tv : "Les maladies génétiques"
La généticienne Ségolène Aymé se livre à l’exercice du tableau blanc pour nous aider à comprendre les principes de transmission des maladies génétiques.
SUR LE SITE INTERNET SCIENCE.GOUV
Actualité du 19 septembre 2011 sur la première transfusion de sang fabriqué à partir de cellules souches
Plusieurs ressources sur les thérapies géniques
SUR LE SITE INTERNET DE L’INSERM
Vidéo
"Unité Inserm 768 "Développement normal et pathologique du système immunitaire". Alain Fischer et son équipe expliquent leurs recherches. Hôpital Necker, Paris. Les films unité, production Inserm/La Prod. 2008. Durée : 3 min 6.
Articles de presse :
• Les "bébés bulle" ont 11 ans : L’efficacité de la thérapie génique est démontrée (22 juillet 2010)
• Renouveler indéfiniment des cellules spécialisées sans passer par les cellules souches (6 novembre 2009)
• Chirurgie du gène : Des chercheurs démontrent la faisabilité du saut d’exon pour des malades atteints de dysferlinopathies (3 décembre 2009)
• Succès d’un essai préclinique en thérapie génique dans la maladie de Parkinson (15 octobre 2009)
A voir aussi sur le site Internet de l’Inserm, de nombreuses autres ressources : dossiers, revues, sites Internet d’associations, vidéos.
SUR LE SITE INTERNET DU TELETHON
Les faits marquants de la recherche génétique : "De 1981 à 1999 : l’ère du génome humain"
Naissance du Téléthon français
La thérapie cellulaire
Les cellules souches pluripotentes induites
Les premières victoires de la thérapie génique
Qu’est-ce que la chirurgie du gène ?
Crédits photographiques
Coupe transversale du muscle squelettique de souris. © Inserm, JT Vilquin
Visuel du téléthon 2011, http://www.facebook.com/Telethon
Zone de conservation cryogénique d’échantillons à la plateforme - Centre de thérapie cellulaire et génique de l’unité Inserm 891 "Centre de Recherche en Cancérologie de Marseille, Institut Paoli-Calmettes, Marseille. © Inserm, P. Latron









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