Darwin et l’évolutionnisme
Les quatre grands principes de l’évolution
L’explication des mécanismes de l’évolution biologique formulée par Darwin et ses successeurs repose sur quatre principes fondamentaux.
1: « Parmi les individus qui se reconnaissent comme partenaires sexuels potentiels, il existe des variations (physiques, génétiques, d’aptitude…). Quelle que soit la cause de cette variation, les espèces vivantes manifestent par conséquent une capacité naturelle à varier », explique Guillaume Lecointre, chef d’équipe au laboratoire « Systématique, adaptation, évolution ».
2: toute espèce se laisse sélectionner. Les horticulteurs qui créent, par exemple, de nouvelles variétés de roses en croisant entre elles d’anciennes variétés, et les éleveurs, qui ont fait du loup un teckel en 11 000 ans, le savent bien. « Le simple fait que les hommes puissent changer à leur guise la morphologie d’une espèce montre bien que celle-ci est en quelque sorte “plastique”, possède une capacité à être modifiée », dit Guillaume Lecointre.
3 : toutes les espèces se reproduisent aussi longtemps qu’elles trouvent des ressources alimentaires et des conditions optimales d’habitat. Leur taux de reproduction est alors tel qu’elles parviennent toujours aux limites de ces ressources ou trouvent d’autres limites, telles que la prédation qu’elles subissent de la part d’autres espèces. « Il existe ainsi une capacité naturelle de surpeuplement observable lorsque, par exemple, des espèces allogènes envahissent brutalement un milieu fermé comme une île », poursuit Guillaume Lecointre. Meilleur exemple : les lapins introduits au XIXe siècle en Australie s’y sont mis à pulluler, détruisant la végétation et les cultures. Pour autant, la planète n’est pas dominée par une unique espèce hégémonique, « mais bien au contraire peuplée de millions d’espèces en coexistence et ceci, malgré la capacité naturelle de surpeuplement de chacune d’entre elles. Ainsi, chaque espèce constitue une limite pour les autres soit en occupant leur espace, soit en les exploitant (prédation, parasitisme), soit en partageant les mêmes ressources. Bref, les autres espèces constituent autant de contraintes qui jouent un rôle d’agent sélectif ».
4 : le succès de la croissance et de la reproduction des espèces dépend d’optima physiques (température, humidité, rayonnement solaire…) et chimiques (pH, molécules odorantes, toxines…). « Ces éléments constituent eux aussi des facteurs contraignants, dit Guillaume Lecointre. S’ils changent, les variants2 avantagés ne seront plus les mêmes. »
En définitive, de multiples facteurs, au sein de l’environnement physique, chimique et biologique dans lequel évolue une espèce, induisent une sélection naturelle à chaque génération, dont le résultat est un « succès reproductif différentiel ». Traduction : au sein d’une même espèce, les individus porteurs d’une variation héritable, momentanément avantageuse par les conditions du milieu, se reproduiront davantage. « Si ces conditions se maintiennent assez longtemps, ajoute Guillaume Lecointre, le variant avantagé finira par avoir une fréquence de 100 % dans la population. L’espèce aura alors changé. » Conclusion, aucune espèce n’est stable dans le temps.
Source : le journal du CNRS
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2. Les variants sont des individus porteurs d’un génotype différent de celui des autres individus d’une population.
3. GDR 1928.
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