Colère au volant : décryptage

Notre objectif est d’explorer en France, dans le cadre de deux études menées auprès de jeunes automobilistes, les liens entre la colère éprouvée au volant, les infractions ainsi que les accidents de la route tels que les automobilistes les ont eux-mêmes déclarés. Pour cela, nous avons examiné les qualités psychométriques, notamment la validité de construit et la cohérence interne des scores obtenus à la D.A.S. traduite en français.»
Tous égaux face à la colère ?
Cette recherche teste auprès de 284 jeunes automobilistes, dans le cadre de deux études, les liens entre colère éprouvée au volant, infractions de conduite et antécédents d’accidents déclarés. L’approche différentielle tente d’établir les différences interindividuelles quant à la propension à éprouver de la colère au volant. Les recherches dans ce domaine ont montré aux Etats-Unis et en Europe de l’Ouest trois phénomènes. Les automobilistes qui ont un score élevé à la D.A.S., comparés à ceux qui ont un score faible :
- se mettent en colère au volant de façon plus fréquente et plus intense,
- s’engagent dans davantage de comportements agressifs et à risque,
- sont impliqués dans davantage d’accidents de la route.
"Certains n’expriment pas leur colère"
«S’il arrive aux automobilistes d’éprouver de la colère au volant, tous ne vont pas l’exprimer de la même façon selon les situations de conduite. C’est ce que Deffenbacher et al. ont montré à l’aide de l’inventaire DAX : des automobilistes peuvent ne pas exprimer du tout leur colère tandis que d’autres vont tenter de la gérer positivement, et d’autres encore vont manifester une agressivité plus ou moins importante, laquelle peut être verbale, physique, etc.
Les jeunes automobilistes, âgés de 18 à 25 ans, déclarent que les événements décrits dans la D.A.S. les amèneraient à se mettre plutôt en colère au volant. Des liens positifs entre colère au volant et comportements de transgressions apparaissent.
Dans nos recherches, les deux facteurs qui s’avèrent être les meilleurs annonciateurs des infractions sont :
- la colère éprouvée au volant lorsque le conducteur est gêné dans sa progression par la présence d’un autre usager,
- «manifester de la colère au moyen de son véhicule» (facteur du DAX)».
Homme et femme : des différences réelles mais ténues
Les différences observées sur le plan de la colère au volant auprès de plus de 2 000 jeunes automobilistes, dans le cadre de l’enquête MARC, entre hommes et femmes sont plutôt ténues. Les femmes se distinguent des hommes dans la mesure où elles déclarent éprouver davantage de colère au volant dans les situations où les autres automobilistes adoptent des comportements infractionnistes ainsi que lorsque la circulation est entravée (embouteillages, travaux obligeant à suivre des déviations, etc.), et inversement éprouver moins de colère lorsqu’elles se trouvent à proximité des forces de l’ordre ou lorsqu’elles sont gênées dans leur progression à cause de la lenteur des autres automobilistes.
Page suivante : la colère précède le danger
Voir le site









Ce lien est brisé
Envoyer à un ami