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Les gaz de schiste : une ressource très controversée

Date : 20 décembre 2011

L’EMERGENCE DES GAZ DE SCHISTE

Bref historique

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Encore inconnus du grand public en France il y a un peu plus d’un an, les gaz de schiste sont aujourd’hui au cœur du débat énergétique. Ce sont les États-Unis qui, les premiers, ont misé sur cette source d’énergie fossile. Ils sont actuellement les seuls, avec le Canada, à en produire.

Leur histoire commence il y a un peu moins de deux siècles avec le forage, en 1821, du tout premier puits de gaz naturel aux États-Unis. Une première compagnie gazière a été créée en 1858 et une première fracturation hydraulique a été réalisée dans les années 1940. Cette technique, actuellement très controversée, était encore peu rentable à l’époque. Elle consistait déjà à fracturer la roche, avec un fluide sous haute pression, pour libérer le gaz ou l’huile emprisonnés. « Ce n’est que vers la fin des années 1990 que de nouveaux essais ont été entrepris aux États-Unis. La croissance de la production des gaz de schiste n’est vraiment devenue exponentielle outre-Atlantique que vers 2005. Avant ils étaient encore peu rentables et techniquement trop difficiles à extraire », explique Michel Séranne, géologue à l’université de Montpellier 2 (1). Avec la maîtrise, par la compagnie américaine Devon Energy, de la technique du forage horizontal, suivi d’essais concluants en 2005, la production a vraiment démarré aux États-Unis, avec l’essor grandissant qu’on lui connaît aujourd’hui.

La situation en France

En France, l’aventure a commencé en mars 2010, lorsque Jean-Louis Borloo, alors ministre de l’Ecologie, signait l’autorisation de prospection des gaz de schiste sur le territoire. « C’est la première fois, en France, que des demandes de permis mentionnaient les gaz de schiste, raconte Michel Séranne (1). Cette information a mis 9 mois avant de d’être connue des médias les plus informés. Puis, très vite, cela a abouti à la véritable controverse scientifique que nous connaissons ».

En février 2011, soit un peu moins d’un an après les premières autorisations, la ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet et le ministre de l’Industrie, Eric Besson, ont chargé le vice-président du Conseil général de l’industrie, de l’énergie et des technologies et le vice-président du Conseil général de l’environnement et du développement durable, de diligenter une mission portant sur les hydrocarbures de roche-mère. Cette mission a donné lieu, en avril dernier, à la publication d’un rapport provisoire intitulé Les hydrocarbures de roche-mère en France. La recommandation principale qui est sortie de ce rapport étant de parfaire les connaissances scientifiques, en n’autorisant que les puits expérimentaux aux industriels.

Les industriels français bloqués

En juin 2011, deux mois après la publication de ce rapport et six mois après les premières manifestations anti gaz de schiste, la France décide d’interdire l’utilisation de la fracturation hydraulique. Les industriels avaient jusqu’à septembre 2011 pour proposer des alternatives à cette technique. Mais aucune méthode n’a été mise au point qui satisfasse les industriels. La technique de fracturation au CO2 ou celle dite de l’arc électrique ne sont pas assez rentables.

Au début du mois d’octobre 2011, les trois permis de recherche de gaz de schiste qui avaient été octroyés, ont été abrogés par le gouvernement. Le premier, appelé  « Montélimar »  (Drôme, Ardèche, Gard, Hérault), délivré à Total et les deux autres, attribués à l’américain Schuepbach (en association avec GDF Suez), « Nant » (Aveyron, Hérault) et Villeneuve-de-Berg »  (Ardèche).

(1) Michel Seranne est chargé de recherche CNRS au sein de l’unité mixte de recherche "Geosciences Montpellier"

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Crédit iconographique :
"Permis de recherche d’hydrocarbures" : source : DGEC/Bureau exploration et production des hydrocarbures (MINEFI/MEDDTL)

 
 
 
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