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Les gaz de schiste : une ressource très controversée

Date : 20 décembre 2011

POLLUTION EN SURFACE

Une étude américaine (1) indique que des fuites de gaz mais aussi de produits chimiques, ont été observés autour de certains forages. Ce genre de situations se produit lorsque les tubages ne sont pas étanches. Le gaz peut alors percoler et se retrouver dans la nappe phréatique.

« Les produits issus du forage peuvent également accidentellement se répandre sur le sol et rejoindre, par ruissellement, les rivières et les nappes phréatiques les plus proches », explique Michel Séranne, géologue à l’université de Montpellier 2, chargé de recherche CNRS au sein de l’unité mixte de recherche "Geosciences Montpellier".

Il signale aussi un problème propre au territoire français, auquel les américains n’ont pas à faire face. Il est lié à la présence d’importantes couches de calcaires qui peuvent être karstifiées. C’est un phénomène naturel de dissolution des calcaires à l’origine des grottes par exemple. Cette dissolution favorise la circulation rapide de fluides par rapport à un sous-sol composé de roches sableuses. En cas de déversement accidentel, la pollution se répand plus rapidement dans un terrain karstifié.

En cas d’accident, le méthane peut également s’échapper dans l’atmosphère. Et ce gaz génère davantage d’effet de serre que le CO2.

En savoir plus :
(1) Etude portant sur la pollution au méthane, de Stephen G. Osborna, Avner Vengoshb, Nathaniel R. Warnerb, et Robert B. Jackson, éd. William H. Schlesinger, Cary Institute of Ecosystem Studies, Millbrook, NY, avril 2011.

Cette question de pollution atmosphérique par le méthane fait l’objet de nombreuses discussions outre-Atlantique. D’après une étude de l’équipe du Dr Hultman (université du Marland), parue en octobre dernier dans la revue Environmental Research Letters, les émissions de gaz à effet de serre en lien avec l’exploitation du gaz de schiste, ne représenteraient que 56 % de celles résultant de l’exploitation du charbon. Elles seraient malgré tout de 11 % plus importantes que celles du gaz naturel conventionnel.
Selon une autre étude, publiée en avril 2011, par l’équipe du professeur Howarth (université de Cornell) dans Climatic Change, l’impact climatique des gaz de schiste pourrait être comparable voir supérieur à celui du charbon.

En savoir plus :
Bulletin électronique de l’ambassade de France aux États-Unis n°265, 4 nov. 2011 : Le gaz de schiste, meilleur pour le climat que le charbon ? Une nouvelle étude relance la polémique. (Ce bulletin mentionne les l’études du Dr Hultman)
L’étude du professeur Howarth, publiée dans la revue Climatic Change, avril 2011 (en anglais) : Methane and the greenhouse-gas footprint of natural gas from shale

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