Les musées et la science
Mettre la science à la portée de tous |
|
|
Rendre la science accessible et attractive, la mettre en scène pour qu’elle passionne le grand public. Tel est l’objectif que les commissaires d’exposition, scénographes, médiateurs culturels se fixent. Tous ont la volonté de mettre en valeur les travaux des scientifiques pour mieux les « restituer » aux visiteurs. Au sommaire de notre dossier : |
Le scénographe |
|
|
|
Le commissaire d’exposition |
|
|
|
Le médiateur culturel |
|
|
Le médiateur culturel intervient autour de l’exposition. C’est lui qui est chargé de la rendre ludique. Il met en place des ateliers et des animations pour les visiteurs et conçoit la formation des conférenciers. Le médiateur culturel a également la responsabilité des activités à destination du très jeune public : « Il faut que le musée devienne un endroit où les enfants aient envie de revenir, que ce ne soit comme il y a 20 ans lorsque le musée était un lieu sacré. On s’y trouvait un peu comme dans une église, il ne fallait pas faire de bruit, on osait pas poser de question tant la compréhension de ce lieu semblait réservée à quelques privilégiés. Et bien le métier de médiateur culturel c’est un peu ça, désacraliser les musées et dire aux enfants : « C’est un lieu qui est à vous, pour que vous puissiez comprendre l’histoire. » Murielle Machicot chargée du jeune public au musée de la Marine. »
Le conférencier :il commente la visite, il transmet et partage ses connaissances scientifiques avec les visiteurs. Il doit donc adapter son discours pour son public. Il peut également revêtir la casquette d’animateur lorsqu’il s’agit de rendre ludique une visite auprès d’enfants ou de visiteurs particuliers.
|
Profession scénographe |
|
|
Sacha Mitrofanoff scénographe et Murielle Machicot chargée du jeune public au musée de la Marine ont répondu aux questions de science.gouv.fr
|
Sacha Mitrofanoff, pouvez-vous nous expliquer ce qu’est la scénographie ? |
|
Copyrights MNHN
La scénographie désigne à l’origine la mise en espace et en décors au théâtre. Le scénographe de théâtre, autrefois appelé décorateur, était chargé d’habiller les surfaces de la scène. Actuellement, le travail du scénographe ne se limite plus au décor plat, en 2 dimensions ; c’est une approche plus globale de l’espace, sur scène comme dans un musée, qui consiste à créer un univers propre, à partir d’un texte de théâtre ou d’un thème d’exposition. Parallèlement à cette évolution, la profession s’est récemment diversifiée : il existe maintenant des scénographes de théâtres, des scénographes d’exposition et des scénographes d’équipements (de la scène : machinerie, lumière, son, sécurité). Scénographe de théâtre pendant plus de dix ans, Sacha Mitrofanoff est arrivé dans le monde des expositions, il y a 10 ans. A cette époque, les musées se sont tournés vers les scénographes de théâtre pour présenter leurs collections de façon plus dynamique, et scénariser le parcours des expositions. |
Quelle est la particularité du scénographe d’exposition ? |
|
|
Il existe de nombreuses similitudes dans la façon de scénographier un texte de théâtre et une exposition. La différence majeure se situe au niveau du point de vue des spectateurs : au théâtre le public est assis, dans une exposition le décor est fixe et les gens se déplacent tout au long d’un parcours. Le but d’une scénographie d’exposition est de réaliser un parcours équilibré et harmonieux, rythmé par les surprises que constituent des objets exceptionnels, des jeux interactifs, des films... qui stimulent la curiosité du visiteur. Une exposition, tout au long de ses différentes phases de conception et de réalisation, fait appel à des professions très diverses. L’idée, le thème sont tout d’abord proposé par un comité scientifique. Si le sujet est accepté par le muséum, des scientifiques écrivent un synopsis qui sera ensuite développé par un concepteur d’exposition, spécialisé en vulgarisation scientifique. C’est ce scénario qui va servir de base à l’intervention du scénographe qui le traduira en espace(s). |
Faites vous des recherches sur les sujets d’expositions ? |
|
|
Ce n’est pas mon rôle : je joue au contraire celui du visiteur profane, afin de rester attractif et d’éviter que les textes ne soient trop longs ou complexes. Cette tendance est fréquente car les thèmes sont souvent riches. Je dois donc souvent m’obliger à ne pas trop me « spécialiser » dans le sujet. |
Comment faites-vous pour répondre aux attentes du public tout en respectant le contenu scientifique ? |
|
|
Nous prenons en compte les attentes du public par des évaluations qui sont faites aussi bien en amont d’une exposition, en interrogeant les visiteurs sur ce qu’ils aimeraient voir, connaître, découvrir sur tel sujet, mais aussi en observant les réactions des visiteurs dans l’exposition, ou en les questionnant en fin de visite. |
Combien de temps vous a-t-il fallu pour monter l’exposition sur les Mammouths ? |
|
Copyrights MNHN
Le projet de l’exposition Mammouths est né il y a cinq ans. Un premier repérage de tous les objets en rapport avec ce thème a été réalisé. Ensuite, des scientifiques ont écrit un synopsis, transformé en programme par un concepteur d’exposition. J’interviens 15 mois avant l’ouverture de l’exposition. Au début, je m’imprègne du sujet, puis je définis une ambiance générale, des couleurs, des matières, et l’organisation du parcours ; je dessine ensuite l’implantation générale et tous les éléments de mobilier. Enfin, la fabrication en atelier et le montage durent environ 4 mois. |
Etes vous satisfait par votre travail sur cette exposition? |
|
|
A ce jour, « Mammouths » est une des expériences les plus riches que j’ai connue, sur le plan relationnel, du travail en équipe, et ce autant dans les phases de conception que de réalisation. Nous étions tous en parfaite osmose avec les scientifiques « commissaires » de l’exposition, soucieux de faire une exposition où l’on ne s’ennuie pas un seul instant. Je suis également très satisfait de l’adéquation entre le contenu scientifique et la forme, scénographie comme graphisme. |
En quoi consiste votre travail exactement ? |
|
|
Je pourrais découper mon travail sur une année en trois phases : la première c’est la recherche documentaire sur le thème de l’exposition ou le thème des collections permanentes. La deuxième phase c’est l’écriture du scénario de l’animation en fonction du public que l’on vise. Là, c’est du brainstorming. Toutes les idées étranges sont les bienvenues ! Et la troisième phase, c’est la formation des conférenciers et donc de l’équipe dont je m’occupe. |
Quelle a été votre formation ? |
|
Copyrights MNN
Je suis archéologue de formation. J’ai fait l’Ecole du Louvre et la Sorbonne, ensuite l’Institut d’Art et d’Archéologie. J’ai donc une maîtrise d’histoire et d’archéologie. Alors que je préparais le concours de conservateur, on m’a proposé un poste de conférencier-animateur au Musée de la Marine et je suis restée. J’ai eu un véritable coup de foudre pour la médiation culturelle. |
Comment ajustez-vous votre travail avec celui des commissaires d’exposition ? |
|
Copyrights MNN
En prenant l’exemple de l’exposition Jules Vernes, chacun des trois commissaires avait un regard et un rôle précis. Chacun d’eux nous a donc fournit, il y a 6 mois une liste d’objets sélectionnés, des bibliographies et des conseils d’objectif de travail, qui a également été remis au scénographe. C’est à partir de ce dossier que nous commençons à travailler. |
Testez-vous les animations avant de les soumettre au public ? |
|
|
Oui il arrive que nous invitions les enfants du personnel pour des jeux-tests sur cette exposition nous avons été pressés par la réception du mobilier et des jeux je l’avais testé avec mes collègues de manière théoriques seulement. Mais pour les petites expériences, par exemple à un moment on fait une expérience sur la flottabilité dans l’eau salée et dans l’eau douce, c’est certain que dans ma cuisine j’ai fait l’expérience. |
Privilégiez-vous le côté ludique ou bien le côté pédagogique ? Comment parvenez-vous à établir un équilibre entre ces tendances ? |
|
|
Le but d’un musée c’est de transmettre. Et donc le but pédagogique est très important, à la rigueur il prime, c’est mon rôle d’apprendre au public à quoi servaient ces objets et le côté ludique c’est juste le mode de parole le jeu c’est pour mieux faire passer une information très précise, le jeu ne doit pas dépasser le contenu. Il faut aussi que le musée devienne un endroit où les enfants aient envie de revenir. |

La scénographie est une discipline issue du théâtre, elle est le lien créatif essentiel entre la science et le grand public. Le scénographe conçoit les décors de l’exposition afin de créer une ambiance adaptée à l’univers de l’exposition. Sacha Mitrofanoff scénographe du Muséum National d’Histoire Naturelle explique : « Actuellement, le travail du scénographe ne se limite plus au décor plat, c’est une approche plus globale de l’espace, sur scène comme dans un musée, qui consiste à créer un univers propre, à partir d’un texte de théâtre ou d’un thème d’exposition. »
Ses fonctions sont comparables à celles d’un metteur en scène et d’un producteur.
Copyrights MNHN
Copyrights MNHN
Copyrights MNHN
Copyrights MNN
Copyrights MNN
Copyrights MNN








Ce lien est brisé
Envoyer à un ami