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Cydonia le « visage de Mars »

Date : 03 octobre 2006

Cydonia - Le visage de Mars


La sonde Mars Express de l’ESA a recueilli des images de la région martienne de Cydonia, rendue célèbre par le fameux « visage de Mars ». Parmi les photos prises par la Caméra Stéréo à Haute Résolution (HRSC) figurent quelques-unes des vues les plus spectaculaires jamais renvoyées de Mars.

le visage de Mars dans la région de CydoniaD’avril 2004 à juillet 2006, plusieurs tentatives de photographier la région de Cydonia n’avaient pas donné de résultats satisfaisants en raison de l’altitude de survol et de la présence de poussières ou de brumes dans l’atmosphère. Il a donc fallu attendre le 22 juillet dernier pour que la caméra HRSC à bord de Mars Express puisse enfin réaliser une série de prises de vues qui montrent le fameux « visage de Mars » avec un niveau de détail sans précédent.

Les données ont été recueillies au-dessus de la région de Cydonia au cours de l’orbite n°3253, avec une résolution au sol d’environ 13,7 mètres par pixel. La région de Cydonia se situe approximativement par 40,75° Nord et 350,54° Est.

« Ces images de la région martienne de Cydonia sont vraiment spectaculaires », estime le Dr. Agustin Chicarro, chef de projet scientifique de la mission Mars Express à l’ESA. « Non seulement elles nous apportent une vision complètement nouvelle et détaillée d’un site célèbre auprès des amateurs de mythes spatiaux du monde entier, mais elles nous donnent aussi un impressionnant aperçu en gros plan d’une zone d’un grand intérêt pour les géologues planétaires. De plus, elles démontrent à nouveau les capacités exceptionnelles de la caméra de Mars Express. »

Cydonia se situe dans la région martienne d’Arabia Terra et appartient à la zone de transition entre les hautes terres méridionales et les vastes plaines du nord de la planète. Cette transition se caractérise par de larges vallées parsemées de débris ainsi que des monticules résiduels isolés de tailles et de formes variées.

« Le visage » fait son apparition en 1976


le visage de mars pris en 1976 par la sonde viking

L’illusion du « visage de Mars » vue par Viking 1


L’un de ces massifs résiduels est devenu célèbre en tant que « visage de Mars » sur une image prise le 25 juillet 1976 par l’orbiteur de la sonde américaine Viking 1.

Quelques jours plus tard, le 31 juillet 1976, un communiqué de presse de la NASA faisait mention d’une formation « ressemblant à une tête humaine ». Toutefois, les scientifiques de la NASA avaient déjà correctement interprété l’image comme résultant d’une illusion d’optique causée par l’angle d’illumination du Soleil, la morphologie de la surface de la formation et les ombres portées, qui donnaint l’impression que le massif comportait des yeux, un nez et une bouche.

En dépit de cela, le « visage de Mars » a été au coeur d’une vague de spéculation sur les origines et les significations de possibles structures artificielles sur la Planète Rouge, le « visage » lui-même devenant le sujet le plus largement débattu.

Pour quelques passionnés, l’ensemble des structures proches a même été considéré comme un paysage artificiel, avec de possibles pyramides, voire une cité désagrégée. L’idée que la planète ait pu, à une époque, abriter des êtres intelligents a depuis lors inspiré l’imagination de nombreux passionnés de Mars, et a été à l’origine d’une littérature pléthorique, plus ou moins sérieuse, allant d’articles dans la presse à des oeuvres de science-fiction et d’innombrables sites sur Internet.

Néanmoins, l’interprétation scientifique formelle n’a pas changé : le prétendu « visage » n’a jamais été qu’une interprétation par l’imagination humaine d’une surface fortement érodée.

Il a fallu attendre avril 1998 et la confirmation par de nouvelles données collectées par la Mars Orbiter Camera, à bord de l’orbiteur Mars Global Surveyor de la NASA, pour que le mouvement de spéculation populaire sur la vraie nature du « visage » ne s’essouffle. D’autres données, recueillies en 2001 par le même orbiteur n’ont fait que confirmer cette conclusion.

Grand intérêt pour les géologues planétaires


Même si ces formations ne sont pas le fruit d’une intelligence extraterrestre, elles n’en sont pas moins d’un intérêt significatif pour les géologues planétaires.

Dans les régions voisines de Cydonia, sur les surfaces en pente douce entourant les collines et les reliefs, on trouve fréquemment ce que l’on appelle des « tabliers de débris ». Ils se forment au pied des monticules résiduels et sont probablement constitués d’un mélange de débris rocheux et de glace. Dans la région de Cydonia elle-même, de tels « tabliers » sont souvent absents des massifs les plus petits. On estime que la formation de ces « tabliers de débris » pourrait résulter de la formation des talus, de la présence d’une masse de débris rocheux en pente à la base d’une falaise, et de glissements de terrain.


le visage de cydonia Le « visage de Mars », dans la région de Cydonia, en perspective

Sur le massif du « visage », on peut distinguer de tels glissements de terrains caractéristiques ainsi qu’une ébauche de « tablier ».

D’anciens « tabliers de débris » de plus grande taille pourraient avoir été recouverts plus tard par des coulées de lave dans les régions voisines. La façade ouest du « visage » a glissé au bas de la pente sans perdre sa cohésion. La zone de décrochement est matérialisée par un long escarpement qui s’étend du nord au sud. Les résultats d’une grande sape – un glissement des rochers vers bas de la pente – sont également visibles au pied des structures en forme de pyramides.


D’anciens « tabliers de débris » de plus grande taille pourraient avoir été recouverts plus tard par des coulées de lave dans les régions voisines. La façade ouest du « visage » a glissé au bas de la pente sans perdre sa cohésion. La zone de décrochement est matérialisée par un long escarpement qui s’étend du nord au sud. Les résultats d’une grande sape – un glissement des rochers vers bas de la pente – sont également visibles au pied des structures en forme de pyramides.

D’avril 2004 à juillet 2006, la caméra HRSC a recueilli des données sur la région de Cydonia à de nombreuses occasions.

Malheureusement, les survols à haute altitude n’ont permis des prises de vues qu’à faible résolution (orbites n°0262, 2533 et 2872) tandis que la présence de poussières et de brumes dans l’atmosphère martienne ont sérieusement réduit la qualité des données recueillies (orbites n°1216 et 2872), si bien qu’il avait été impossible jusque-là d’acquérir une imagerie de bonne qualité au-dessus de Cydonia.


Les « pyramides » et le « crâne » de la région de Cydonia, vus en perspectiveLes « pyramides » et le « crâne » de la région de Cydonia, vus en perspective

Le 22 juillet, la chance a enfin été au rendez-vous au cours de l’orbite n°3253 et une large partie de la région de Cydonia a pu être photographiée par la caméra HRSC à la meilleure résolution possible et en 3D.

En fait, en plus du célèbre « visage » et des « pyramides », une structure naturelle dont la forme évoque un crâne apparaît également sur quelques unes des images réalisées par Mars Express.

Ainsi que le disait le célèbre scientifique, vulgarisateur et écrivain Carl Sagan : « L’imagination nous emmènera souvent vers des mondes qui n’existent pas, mais sans elle nous n’irions nulle part. »


« Le visage de Mars », vu en perspective


« Le visage de Mars », vu en perspective


Note au sujet des images :
Les scènes en couleurs ont été reconstituées à partir des trois canaux couleur de la caméra HRSC. Les vues en perspective ont été calculées à partir du modèle numérique de terrain dérivé des canaux stéréos de la caméra.

Notes  :
L’équipe scientifique et technique de l’instrument HRSC est dirigée par le Pr. Gerhard Neukum, en tant que responsable scientifique. Cette équipe comporte 45 chercheurs associés venus de 32 instituts répartis sur 10 nations.

Le traitement systématique des données d’imagerie de la caméra HRSC est réalisé par le DLR, l’agence de recherche aérospatiale allemande, tandis que les images présentées ici ont été traitées par le groupe PI à l’Institut pour les Géosciences de l’Université Libre de Berlin, en coopération avec l’Institut de Recherche Planétaire du DLR à Berlin.

Pour plus d’informations :
Dr. Agustin Chicarro
Chef de projet scientifique Mars Express à l’ESA
agustin.chicarro @ esa.int

Pr. Gerhard Neukum
Responsable scientifique de la caméra HRSC
Freie Universitaet Berlin
gneukum @ zedat.fu-berlin.deESA


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