Jardins filtrants : la médecine douce
Date : 01 juin 2007
Jardins filtrants : la médecine douce
Aménagé en bordure de Seine, à l’emplacement d’un bras mort et des anciens chemins de halage du fleuve, le parc du Chemin de l’Ile redonne à l’eau et à la nature une double fonction paysagère et écologique dans une zone pourtant soumise à une forte pression urbaine.

La régénération des ressources naturelles pour un développement urbain durable.
Ouvert au public en juin 2006, ce parc de 15 hectares, dont près d’un hectare est réservé à des bassins filtrants destinés à améliorer la qualité des eaux de la Seine, constitue le projet phare du schéma d’aménagement et de gestion durable du fleuve et de ses berges qui se poursuivra en promenade de Rueil-Malmaison à Issy-les-Moulineaux.
Les "jardins filtrants" (concept développé par la société Phytorestore) sont constitués par sept types de bassins plantés de végétaux aquatiques sélectionnés pour correspondre à chaque stade de l’évolution de la qualité de l’eau durant son traitement. Ces zones humides artificielles évoquent les anciens marais naturels présents sur le site.
Une succession de sept types de bassins végétalisés disposés en cascade filtrent et épurent l’eau de la Seine qui les traverse.
A l’amont du parc, l’eau de la Seine est prélevée par l’intermédiaire d’une vis d’Archimède (l’installation traite 860 m3 par jour).
Afin de faire chûter les charges organiques,
les premiers bassins alignent quenouilles (Typhas angustifolia)
et roseaux communs (Phragmites communis).

Les bassins suivants mobilisent prêles (Equisetum fluviatil), iris jaunes (Iris pseudacorus) et bleus (Iris sibirica) pour détruire les germes.

Les derniers bassins laissent la place aux plantes oxygénantes : nymphéas (Nymphea alba), faux lotus (Nymphoïdes peltata), glycérie aquatique (Glyceria aquatica) pour enfin retrouver l’eau, source de vie pour une multitude d’espèces de plantes et d’animaux des zones humides aujourd’hui en voie de disparition.

Les bassins constituent un espace pour accueillir...

faune...
Flore
Myriophille, Pontederia cordata, pesse d’eau...
Au fil de son passage dans les bassins filtrants, l’eau puisée dans la Seine, chargée en composants organiques, en azote, en phosphore et en germes, atteint en fin de cycle une qualité comparable à la norme requise pour les "eaux de baignade" et un taux d’oxygène permettant de retrouver et conserver une véritable biodiversité.Cette eau épurée et oxygénée rejoint, dans la seconde partie du parc, le lit d’une ancienne rivière reconstitué autour de frayères ou d’habitats adaptés aux grenouilles vertes, tritons, insectes…
Sous l’autoroute, grenouilles, tritons et insectes prolifèrent…Ces aménagements végétaux étendus aux berges du fleuve permettront en outre de créer de véritables îlots de survies pour les poissons lors de grands épisodes pluvieux qui génèrent épisodiquement des pics de pollution dans la Seine.

Des gabions stabilisent les berges...
et empèchent l’érosion...
tout en laissant la végétation prendre racine.Pour faciliter l’accueil du public, de nombreuses installations annexes ont été prévues. Tous les bâtiments ont été conçus et construits en respectant les préconisations du label HQE et les anciens déchets du site (débris de bouteilles de verre, plaques d’acier rouillé, poutrelles des anciennes voies ferrées…) ont été recyclés sur place dans le béton des nouveaux aménagements.

Une maison pédagogique...
répondant aux critères de haute qualité environnementale (HQE)...
accueillera prochainement le public...
dans un décor qui préfigure peut-être la nouvelle "ville nouvelle".Au-delà de leur fonction paysagère, les jardins filtrants de Nanterre nous font entrevoir un nouveau modèle de ville, régénératrice des ressources naturelles, illustrant de façon concrète les principes d’un développement urbain durable.
Ce dossier a été réalisé par Laurent Mignaux du site e-meddiat
Crédits photos:
Laurent Mignaux









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