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Les prix du pétrole

Date : 23 octobre 2007

Le prix du baril a plus que doublé depuis 2004 et frôle les 80 dollars US. Pour quelles raisons et quelles sont les conséquences sur la demande ?


F.L. : La hausse du prix du brut résulte simplement de la confrontation entre offre et demande. Alors que les besoins en pétrole continuent à s’accroître à un rythme élevé à travers le monde (tirés par la forte croissance économique des pays émergents, Chine et Inde en premier lieu), l’approvisionnement a du mal à tenir la cadence. Par conséquent, l’équilibrage entre consommation et production s’opère par un renchérissement des produits pétroliers.
Toutefois, les variations du cours du baril sont très amorties avant d’atteindre le consommateur final, ici à cause des taxes (en France par exemple avec la TIPP) et là à cause des subventions (au Venezuela ou au Koweit notamment). Une augmentation très marquée du prix du brut est donc nécessaire pour freiner significativement la demande.
Notons que cette tendance à la hausse n’est pas spécifique au pétrole mais commune à l’ensemble des matières premières, les mêmes causes provoquant les mêmes effets.


On assiste parfois à de fortes variations des prix, pourquoi ?


F.L. : Dans un contexte de tension du marché laissant peu de marge de manoeuvre, le moindre élément perturbateur pousse fortement les prix à la hausse. La situation géopolitique (Iran, Nigeria) accentue régulièrement la pression à la hausse et constitue une source de volatilité importante. De même, les ouragans, aujourd’hui de plus en plus puissants, peuvent avoir un impact majeur sur les approvisionnements, et par conséquent sur les prix.
A l’inverse, dès que la tension se relâche ponctuellement, nous observons une correction baissière. La douceur de l’hiver 2007, par exemple, a réduit les besoins en chauffage et le baril est passé sous la barre des 60 dollars US.
Mentionnons également les mouvements de capitaux entre marchés financiers et marchés pétroliers, ou les bouffées d’incertitude qui accompagnent les réunions de l’OPEP.

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Cette hausse va-t-elle perdurer ?


François LescarouxF.L. : Depuis quelques années, les variations du prix du pétrole pourraient être comparées au mouvement d’une balle rebondissant dans un ascenseur qui monte : il y a une tendance de fond à la hausse, avec en plus le risque de fortes fluctuations.
L’accroissement de la production de brut devrait demeurer la principale contrainte pesant sur les prix. Pour des raisons tant géologiques que politiques, les compagnies internationales ont de plus en plus de mal à augmenter leur offre et sont obligées de se tourner vers des gisements toujours plus techniques (offshore très profond, pétroles technologiques, etc.), donc toujours plus coûteux. Quant aux compagnies nationales des pays exportateurs, elles développent avec prudence de nouvelles capacités, dans la crainte d’un "contre-choc" à court terme et afin d’optimiser leurs revenus pétroliers à moyen-long terme.
En revanche, les besoins en énergie continuent d’augmenter dans les pays émergents où l’élévation du niveau de vie permet aux classes moyennes de s’équiper en automobile ou en électroménager.
A l’horizon de quelques années, il n’y a donc aucune raison d’espérer que la tendance haussière ne s’inverse. Cependant, il y a un côté positif dans cette situation : le prix élevé du pétrole favorise le développement des énergies alternatives qui peuvent devenir économiquement viables.


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Zoom sur : Un pétrole durablement cher ?
Interview vidéo de Nathalie Alazard, Directeur des Études Économiques de l’IFP.
(Mars 2006)

Crédits photos:
IFP et NASA JPL

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