Le radon, second facteur de risque du cancer du poumon
Le radon est un gaz radioactif naturel issu de la désintégration de l’uranium et du radium présents dans la croûte terrestre, en particulier dans les roches granitiques et volcaniques. Lorsque le radon présent dans le sol est libéré dans l’atmosphère, il se mélange à l’air, produisant des concentrations trop faibles pour être préoccupantes. En revanche, lorsque le radon s’infiltre dans un espace clos tel une maison ou un sous-sol, il peut s’accumuler à des concentrations élevées susceptibles de poser un risque pour la santé.
Peu connu des Français, le radon est pourtant le second facteur de risque du cancer du poumon, derrière le tabac, qui est de loin le plus important facteur de risque. Toutefois, même si le risque est faible par rapport au tabac, des mesures de prévention simples peuvent être mises en œuvre pour limiter les expositions au radon.
C’est pourquoi les politiques de santé publique intègrent la problématique du radon dans l’habitat dans différents plans nationaux (plans environnementaux, plan cancer notamment).
Le mode d’action du radon sur l’organisme
Le radon est un gaz naturel inerte et radioactif, dépourvu d’odeur, de couleur ou de goût. Il est issu de la désintégration radioactive naturelle de l’uranium-238, que l’on trouve dans les roches et dans les sols. On peut également trouver du radon dans l’eau, mais au contact de l’air, un phénomène de dégazage se produit. Le radon pénètre donc dans l’organisme principalement avec l’air inhalé.
Un cancer du poumon peut débuter très longtemps après une irradiation
Les atomes de radon et de ses descendants radioactifs se désintègrent en particules radioactives (particules alpha) capables d’irradier les tissus comme les bronches ou les poumons. Ces particules peuvent provoquer des mutations des gènes si elles parviennent jusqu’au noyau des cellules. En outre, les particules émises par le radon peuvent aussi se fixer aux poussières contenues dans l’air que l’on respire et rester donc plus longtemps dans les voies respiratoires.
Ces deux mécanismes d’exposition - l’inhalation et la "fixation" dans les voies respiratoires - se cumulent et expliquent que l’on peut observer des cancers du poumon très longtemps après le début d’une irradiation. Ainsi, d’après une étude sur les expositions professionnelles des mineurs des mines d’uranium, le délai de latence moyen serait de l’ordre de 19 à 25 ans.
Le radon est le second facteur de risque de cancer du poumon
Selon des études sur les mineurs et sur la population générale, il y a un lien certain entre l’exposition cumulée au radon et le cancer du poumon (1). L’exposition au radon constitue un des facteurs de risque majeurs en santé environnementale. Il vient en seconde position comme facteur de risque de cancer du poumon en France (loin derrière le tabac).
Entre 1 234 à 2 913 décès par cancer du poumon seraient attribuables chaque année à l’exposition domestique au radon, soit entre 5 % et 12 % des décès par cancer du poumon en France. Les études en population générale confirment l’augmentation d’un risque de cancer du poumon pour des concentrations en radon dans l’habitat relativement faibles. Le risque de cancer du poumon sur la vie entière augmente linéairement avec l’exposition au radon d’environ 16 % par 100 Bq/m3.
Depuis les années 90, plusieurs chercheurs ont émis l’hypothèse que l’exposition au radon pourrait entraîner une irradiation au niveau de la moelle osseuse hématopoïétique et favorise d’autres cancers comme la leucémie.
Néanmoins le lien de causalité entre l’exposition au radon et la survenue d’autres cancers n’est pas démontrée à ce jour, que ce soit pour la population des mineurs ou la population générale.
Notes
(1) Entre 2,2 % et 12,4 % des cancers du poumon chez les fumeurs et les non-fumeurs survenant par an en France pourraient être attribuables au radon domestique, Afsset, Inserm. Cancer et environnement. Expertise collective. 2008:p95.
Crédits iconographiques :
Granit de l’Ile Grande. fredpallu @Creative Commons 2.0 et Élément radioactif, Radiation_warning_symbol.svg Domaine public
Tumeur carcinoïde Crédits : pulmonaryPathology/YaleRosen @Creative Commons
Dosimètre opérationnel. Rama @Creative Commons 2.0









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