Science Publique, une émission de France Culture
Science, médecine, environnement, technologie et impact sur la société, il y a du débat. Pour cela, des scientifiques sont confrontés à des représentants d’associations ainsi qu’à des hommes politiques concernés. Parfois des élèves de cours de science en collège et lycée sont associés au débat et le courrier des auditeurs est particulièrement pris en compte afin de refléter le lien de plus en plus fort qui s’est créé, au cours des dernières années, entre la science et la société.
http://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_10192.xmlClub Science Publique : Que peut le corps ? Ressentir de l'empathie pour autrui
Durée : 00:58:38 - science publique - par : michel alberganti - aujourd’hui, dans le club science publique, nouvel épisode de notre série consacrée à l’exploration des capacités humaines aussi fascinantes que mystérieuses. lors des cinq précédentes étapes, nous avons abordé l’extrême résistance physique, l’hypnose, l’art du jeu avec les mots, l’intuition et l’apprentissage des langues étrangères. un mot, à ce sujet, pour vous remercier pour l’intérêt que vous avez manifesté pour le témoignage de josef schovanec, porteur du syndrome d’asperger, qui nous a donné une extraordinaire leçon d’humanité. sa conception de l’apprentissage des langues a démontré qu’un handicap pouvait conduire un individu à développer des capacités hors du commun dans certains domaines. aujourd’hui, nous abordons une fonction partagée par un grand nombre d’êtres vivants, à des degrés différents sans doute. il s’agit de l’empathie. ce mot, d’abord créé en allemand, einfuhlung, signifie littéralement : « ressenti de l'intérieur ».a la différence de la sympathie, qui consiste en une forte réceptivité vis-à-vis des émotions ou de douleurs ressenties par un autre individu, l’empathie, elle, permet de se mettre mentalement à la place de l’autre. pour bien comprendre la différence, alain berthoz, professeur honoraire au collège de france, donne un exemple révélateur : imaginons-nous en face d’une personne dont le corps se met à pencher sur sa droite. par sympathie, nous allons nous pencher sur notre gauche. par empathie, nous pencherons vers notre droite. cette situation extrêmement simple soulève une multitude de questions aussi bien sur le fonctionnement de notre cerveau que sur les relations que nous entretenons avec les autres. quelles sont les différences entre empathie, sympathie et compassion ? Que savons-nous aujourd’hui des mécanismes qui sont à l’œuvre dans notre cerveau lorsque nous ressentons de l’empathie ? Comment et pourquoi cette fonction est-elle apparue chez l’homme ? Existe-t-elle entre l’homme et les animaux ? Peut-on agir sur nos aptitudes à l’empathie pour les développer ou apprendre à les contrôler et quels troubles provoquent l’absence d’empathie ? nous allons tenter de répondre à ces questions dans ce 6e épisode de notre série du club science publique consacrée à la question de spinoza, que peut le corps ?invités : alain berthoz, professeur honoraire de la chaire de physiologie de la perception et de l'action du collège de france, membre de l'académie des sciences, et les membres du club science publique : jean-claude ameisen, médecin et chercheur, professeur d'immunologie et directeur du centre d'Études du vivant à l'université paris diderot, et président du comité d'éthique et du comité scientifique de la fondation internationale de la recherche appliquée sur le handicap (firah),pierre-henri gouyon, professeur au muséum national d'histoire naturelle, à l'agro paris-tech et à sciences po, etienne klein, physicien au cea, professeur à l’ecole centrale à paris. - réalisé par : dany journo
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L'expertise scientifique peut-elle être indépendante ?
Durée : 00:58:24 - science publique - par : michel alberganti - qu’il s’agisse de l’affaire du mediator, du réchauffement climatique, des ondes électromagnétiques, de la vaccination contre la grippe h1n1, du nucléaire, des ogm ou des nanotechnologies, tous les débats scientifiques qui concernent la société se focalisent sur un individu : l’expert. or, depuis quelques années, ce dernier fait l’objet de tous les soupçons, de toutes les critiques. on lui reproche tantôt ses erreurs de prévision, tantôt de ne pas prendre clairement parti. tantôt, et de plus en plus souvent, on l’accuse de ne pas être indépendant des entreprises ou des lobbies intervenant dans son domaine d’expertise. la situation s’est tellement dégradée que l’on en vient à se poser la question de la possibilité même d’une expertise indépendante.or, l’expertise scientifique indépendante est plus que jamais nécessaire. le délai entre certaines découvertes et leurs applications dans la société se réduit au point que la réflexion et l’analyse sont parfois oubliées. les tensions grandissantes entre la science et la société exacerbent les attentes d’une expertise qui « dise la vérité ». les hommes politiques s’appuient également de plus en plus sur les experts. ils demandent des réponses claires à des questions complexes afin de prendre des décisions ou de légiférer. dans le même temps, ils exhortent les scientifiques à chercher une part croissante des financements de leurs laboratoires auprès des entreprises afin d’alléger la charge de l’etat. parallèlement, les lobbies industriels sont devenus de plus en plus puissants et présents aussi bien dans les ministères qu’à bruxelles. les questions de santé et d’environnement, par exemple, se retrouvent ainsi en grand danger de ne plus être gouvernés en fonction de l’intérêt général mais au profit d’intérêts particuliers. les agences et les autorités indépendantes qui se multiplient sont-elles le signe d’une prise de conscience de la nécessité d’une expertise indépendante ou bien sont-elles le symptôme de la difficulté à la réaliser ? comment un scientifique peut-il se transformer en expert ? lui qui travaille dans le doute et la remise en question du savoir établi est-il en mesure de « dire le vrai » à un moment donné ? la question du financement par l’etat de structures d’expertises n’est-elle pas au centre du problème ? la recherche des conflits d’intérêt ne va-t-elle pas conduire à soumettre les experts potentiels à de véritables enquêtes policières ? invités: catherine bréchignac, physicienne spécialiste des nanoparticules, médaille d'argent du cnrs, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, roland desbordes, physicien et président de la criirad, philippe even, médecin et pneumologue, marc mortureux, directeur général de l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation de l’environnement et du travail (anses) - réalisé par : dany journo
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