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Le Chili victime d’un séisme de subduction

Séisme du 27 février 2010 En orange : épicentres  des répliques M>5 (localisations USGS) durant les 30h qui ont suivi  le choc principal Crédits : carte Robin Lacassin IPGP Tectonique, LIA  Montessus de Ballore (CNRS-INSU, Unive de Chile)La localisation du séisme (épicentre au niveau de la côte), sa profondeur (hypocentre entre 25 et 40 km) et son mécanisme chevauchant impliquent que la rupture s’est produite sur le plan de subduction entre les plaques Nazca et Amérique du Sud. La plaque Nazca converge à près de 7 cm/an vers la plaque Amérique du Sud avec une direction légèrement oblique à la frontière de plaque. Ce mouvement est absorbé sur une seule faille arrivant en surface en mer au niveau de la fosse chilienne. Le long de cette faille, la plaque Nazca passe sous la plaque Amérique du Sud puis s’enfonce dans le manteau terrestre dans ce que l’on appelle un mouvement de subduction. Le séisme du 27 Février est donc d’un séisme du type «megathrust» comparable à celui du 26 décembre 2004 à Sumatra.

Une rupture de 400 à 500 km de long

La faille rompue est un chevauchement plongeant faiblement (15 à 20°) vers l’est sous la marge continentale chilienne. Les premières données sismologiques sur la source et la répartition des répliques indiquent que le segment de faille rompu aurait une longueur nord-sud de l’ordre de 400 à 500 km et une largeur d’au moins 100 km. Le glissement cosismique sur ce plan a pu atteindre ou même dépasser la dizaine de mètres.

Des répliques à venir

De nombreuses et importantes répliques ont été enregistrées dans les heures qui ont suivi le choc principal: environ 90 répliques de magnitude supérieure à 5 dans les 24h, les plus fortes atteignant la magnitude 6.9. La zone principale de répliques s’étend vers le nord jusqu’au niveau de Valparaiso et dépasse vers le sud la péninsule d’Arauco. Son extension nord-sud est donc d’environ 600 km et correspond au premier ordre à la taille maximum du segment de faille rompu. Cette activité va continuer dans les semaines et mois à venir. Bien que l’évolution normale soit une décroissance du nombre et de la magnitude des répliques au cours du temps, l’occurrence d’évènements de forte magnitude, supérieure à 7, reste possible.

175 ans plus tôt, un témoin nommé Darwin

Ce tremblement de terre a activé la lacune sismique (ou «gap») de Constitución (appelée aussi lacune de Concepción). Le dernier grand séisme ayant rompu ce segment de la subduction chilienne datait du 20 février 1835, il y donc 175 ans. Ce séisme vécu par Charles Darwin, qui en a analysé et décrit les effets dans ses carnets et publications, avait une magnitude comparable à celui du 27 février 2010.

Source : Institut de physique du globe de Paris (IPGP)

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