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La plus forte éruption solaire depuis 2005

La plus forte éruption solaire depuis 2005 s’est produite le 19 janvier. "L’éruption elle-même n’avait rien de spectaculaire mais elle a projeté dans l’espace une masse coronale (nuage de plasma au champ magnétique intense) à la vitesse phénoménale de 6,4 millions de kmh", a déclaré à l’AFP Doug Biesecker, physicien au Centre de prévision météorologique spatiale de la NOAA (1).

D’après les prédictions de  la NOAA , le plus fort de l’interaction de cette bouffée de particules avec le champ magnétique terrestre est attendu le 24 janvier vers 14h UTC (plus ou moins 7h).

Cette tempête géomagnétique est classée "catégorie 3" sur une échelle qui en compte 5. Elle est donc considérée comme "forte" mais pas "sévère". Néanmoins elle peut provoquer des perturbations dans les systèmes informatiques embarqués à bord de satellites, et dans les communications radio au niveau des pôles.

L’autre conséquence attendue est la survenue d’aurores boréales en Europe et en Asie, provoquées par le piégeage des particules chargées du Soleil dans le champ magnétique de notre planète.

L’éruption solaire du 19 janvier a eu lieu vers 17 h, heure française. Cette vidéo montre d’abord le groupe de taches d’où elle est partie, puis deux vues de l’éruption par l’observatoire solaire SDO dans deux longueurs d’onde différentes, et deux autres vues par les satellites Stereo, qui regardent chacun une face du Soleil. Crédit : Nasa SDO & Nasa Stereo.

Qu’est-ce qu’une éjection de masse coronale ?

L’atmosphère solaire la plus externe, la couronne solaire, est structurée par de forts champs magnétiques. Lorsque ces champs sont fermés, souvent au dessus de tâches solaires, l’atmosphère confinée solaire peut soudainement et violemment libérer des bulles de plasma, gaz complètement ionisé, et des champs magnétiques appelés éjections de masse coronale.

Les éjections de masse coronale ou CME (en anglais, coronal mass ejection) sont des phénomènes à grande échelle : leur taille peut atteindre plusieurs dizaines de rayons solaires. Elles modifient les caractéristiques du vent solaire, se déplaçant à très grande vitesse dans le milieu interplanétaire (entre 100 km/s et 2 500 km/s) et peuvent parcourir la distance Terre-Soleil en quelques jours (typiquement trois jours).

Le champ magnétique des CME est très fort : une CME atteignant la Terre peut donc provoquer des orages magnétiques en interagissant avec le champ magnétique terrestre.

Pour détecter les CME, on utilise un coronographe à l’aide duquel on essaie de définir la vitesse et la direction de propagation ainsi que l’étendue de la CME. La vidéo ci-dessous est constituée d’images réalisées par B. Lyot qui le premier en 1935 enregistra les protubérances solaires à l’aide d’un coronographe.

Film réalisé à la mémoire de B. Lyot qui le premier en 1935 enregistra les protubérances solaires à l’aide du coronographe permettant de réaliser une éclipse artificielle. 1953, 11 min, Crédit : Observatoire de Paris.

Notes
(1) L’Administration nationale des océans et de l’atmosphère des Etats-Unis

Liens
M8.7 Solar Flare and Earth Directed CME (en anglais), article du 23 janvier 2012, site Internet de la NASA.
Pour suivre les dernières news de cette éruption solaire :
La page Facebook du NOAA NWS Space Weather Prediction Center

En savoir plus
Space weather prediction model improves NOAA’s forecast skill, 19 Octobre 2011, site Internet du NOAA

Une éruption solaire spectaculaire, actualité du 13 juillet 20011, Science.gouv.

STEREO : une tempête solaire en 3D, article du 3 juillet 2009, site internet du CNES

Crédits photographiques
NASA/SDO/AIA

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